Les lumières se sont éteintes à Juraparc, mais les organisateurs du Lons Electronic Festival n’ont pas encore retrouvé leur souffle. Après deux soirées, les 23 et 24 octobre, Pierre-Emmanuel Govindama, président de l’association organisatrice, et Tristan Reffay dressent un bilan mêlant satisfaction et épuisement. « On a tout donné », résume Pierre-Emmanuel Govindama. L’événement a accueilli 6 300 festivaliers, dont 4 000 le samedi.
Au-delà des chiffres, c’est l’accueil du public qui reste dans les mémoires. « Tu trimes pendant un an pour, à la fin, récolter le sourire de milliers de festivaliers », confie Pierre-Emmanuel Govindama. La nouvelle disposition des bars a fluidifié la circulation. Le système de refroidissement, révisé depuis l’édition précédente, a également amélioré le confort.
Les concerts gratuits en journée ont aussi trouvé leur public. Plus familiaux, ils ont permis de découvrir des artistes locaux, notamment de Poligny. « Ça permet de faire découvrir ce milieu-là », souligne Pierre-Emmanuel Govindama, attaché à ouvrir le festival à ceux qui ne peuvent pas forcément acheter un billet.
La sécurité, un dispositif conséquent
Cette édition s’est néanmoins déroulée sous de fortes contraintes. Plus de 50 agents de sécurité, et jusqu’à 60 le deuxième jour, étaient mobilisés. Selon les organisateurs, la préfecture a demandé de renforcer le dispositif à la veille de l’événement. Ils évoquent peu d’incidents, mais jugent les moyens engagés importants.
Autre difficulté : trouver des bénévoles. « D’année en année, les demandes réduisent », constate Pierre-Emmanuel Govindama. Entre désistements et manque de candidatures, l’association doit solliciter ses réseaux. Une fragilité pour un festival qui souhaite préserver ses tarifs et privilégier l’expérience du public.
La fatigue se mesure aussi en heures de sommeil. Après une semaine de montage, certains membres de l’équipe n’ont dormi qu’une ou deux heures entre les soirées. Malgré cela, Pierre-Emmanuel Govindama et Tristan Reffay saluent l’engagement des techniciens de Juraparc, dont plusieurs donnent également du temps bénévolement.

Préparer l’avenir sans perdre son identité
Sur le plan financier, aucun bilan définitif n’était disponible lors de l’entretien. « Notre seule volonté, c’est de ne pas perdre d’argent », explique Pierre-Emmanuel Govindama. L’équilibre financier reste essentiel : la trésorerie permet notamment de verser les acomptes nécessaires à la réservation des artistes suivants.
La programmation a laissé de beaux souvenirs, de Gabry Ponte à Morten, en passant par Nicky Romero. Les organisateurs retiennent aussi la progression d’Upper, jeune DJ présent depuis 2023. « C’est notre fil rouge », confient-ils, fiers de voir grandir cet artiste qu’ils accompagnent.
Reste à transformer cet élan en avenir durable. Entre exigences de sécurité, bénévolat plus difficile et coûts à maîtriser, le défi dépasse la réussite d’un week-end. L’enjeu sera de continuer à faire grandir le festival sans perdre l’esprit qui l’a fait connaître.























