Comment deux pompiers volontaires se retrouvent-ils à monter un spectacle ?
Stéphane Seurre : « Lors des repas de pompiers, on avait souvent tendance à faire le show. Un jour, un transformiste professionnel que nous avions invité avait une coupure dans son spectacle. On a récupéré deux ou trois accessoires et improvisé un sketch. Il nous a ensuite proposé de jouer dans son cabaret. Au départ, je ne voulais pas. Je me disais qu’on allait se mettre dans un truc qu’on ne maîtrisait pas. »
Lionel Massot : « Finalement, on y est allé et cela nous a vraiment plu. Sur le chemin du retour, on s’est dit que si on se lançait, il fallait être sérieux. On a créé notre association et commencé à écrire nos propres sketchs. »
Au départ, votre spectacle ne tournait pas uniquement autour des pompiers ?
Lionel Massot : « Non. On jouait une dizaine de personnages et il fallait se changer entre chaque sketch. C’était un vrai sport. Après le Covid, on a commencé à faire des vidéos sur les réseaux et on a voulu repartir plus simplement. On a choisi de garder nos deux pompiers, qui plaisaient bien au public. »
Qui sont Jean-Guy et Michel, vos deux personnages ?
Stéphane Seurre : « Ce sont deux pompiers amis, complètement décalés, dans une caserne qui l’est tout autant. Nous connaissons forcément cet univers puisque nous sommes pompiers volontaires. Mais sur scène, on pousse les curseurs beaucoup plus loin. On est anticodes. En revanche, on fait bien la différence entre le moment où l’on fait les comiques et celui où l’on est en intervention. »
Pourquoi avoir choisi d’en faire deux personnages homosexuels ?
Lionel Massot : « Cela crée volontairement un décalage avec l’image traditionnellement associée aux pompiers. Les personnages sont particulièrement exagérés. L’objectif n’est pas de se moquer, mais de montrer que chacun peut avoir sa place. »
Stéphane Seurre : « Aujourd’hui, le spectacle nous permet aussi de faire passer un message. On le dit à la fin : “chez les pompiers, on doit accepter tout le monde, quel que soit son genre ou ses idées”. C’est quelque chose auquel on tient. »
Cet humour autour des pompiers a-t-il toujours été bien compris ?
Stéphane Seurre : « Au début, nous avons eu des remarques, notamment sur les réseaux, de personnes qui estimaient que nous ne respections pas l’uniforme. On a donc fait attention dès le départ à ne pas représenter un SDIS en particulier. »
Lionel Massot : « Avec le temps, des pompiers sont venus discuter avec nous et nous dire qu’ils appréciaient ce que l’on faisait. Pour nous, c’est ça la victoire. On s’est dit qu’on avait réussi à faire passer le message. »
Après la Chapelle-Naude, jusqu’où voulez-vous emmener cette aventure ?
Lionel Massot : « On aimerait désormais faire connaître le spectacle plus loin. On espère pouvoir partir en tournée en 2027 et on commence à avoir quelques appels. L’idée est d’abord de jouer dans les départements voisins, notamment dans le Jura, en Côte-d’Or et pourquoi pas dans l’Ain. »
Stéphane Seurre : « Ensuite, le rêve, c’est un tour de France. Financièrement, ce n’est pas simple, mais il faut essayer. On est tellement partis de rien qu’on se dit qu’on ne risque rien de tenter. »

























