Les Planches-près-Arbois. Le maraîchage à l’épreuve d’un été hors norme

Aux Planches près Arbois, Clara Depierre et Clément Leclercq cultivent en permaculture depuis 2016. Mais cet été, malgré toutes les adaptations mises en place, la chaleur met leur modèle à rude épreuve. Pour les maraîchers, 2026 pourrait marquer un véritable tournant.

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maraîchage Planches Arbois
À O Rêve de Terre, Clara et Clément multiplient les adaptations pour protéger leurs cultures des fortes chaleurs.

« Il y aura un avant et un après 2026. » Pour Clara Depierre, le constat est sans appel. Après près de vingt ans de maraîchage dans différentes régions et dix saisons aux Planches, la maraîchère d’O Rêve de Terre mesure aujourd’hui un changement profond. « Nous voyons une éprouvante réaction de survie des plantes et une chute de leur capacité à fournir ce qu’elles arrivent habituellement à offrir. »

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Paillage, travail de la matière organique, semences paysannes, arbres et plantes compagnes pour l’ombrage, voiles sur les tunnels, micro-aspersion et goutte-à-goutte : le jardin de 4 500 m², dont 2 800 m² consacrés aux légumes, multiplie les adaptations. Mais cet été, l’arrosage est devenu quotidien et les insectes phytophages se sont multipliés. La charge de travail, habituellement estimée à 50 heures par semaine, dépasse désormais les 70 heures.

Les conséquences se mesurent dans les récoltes. « Nous sommes aujourd’hui, par exemple sur une perte de 70 % du rendement des framboises », précise Clément. Les variétés remontantes accusent trois semaines d’avance et sèchent sur pied. Choux, haricots d’été et framboises sont en recul. Les prévisions sont également inquiétantes pour les courges, les poireaux et les pommes de terre de garde.

Des aides, mais pour quel modèle ?

Face à ces pertes, la question économique devient centrale. La saison pourrait s’achever plus tôt que prévu et les prix, jusqu’ici volontairement modérés en fin de saison, vont être réévalués. L’État annonce de son côté des mesures d’urgence pour les exploitations touchées par la canicule et la sécheresse. Mais Clément reste prudent. « C’est encore très flou, d’autant que les aides au rendement sont souvent disproportionnées et faites pour des grosses structures. »

Se sentant parfois « déconnectés » d’un système agro-industriel dominant, les maraîchers misent plus que jamais sur le lien local. Ils remercient ceux qui sont déjà venus prêter main-forte et invitent les citoyens à programmer des temps d’aide au jardin pour la saison 2027. Des échanges et réflexions collectives sont prévus cet automne pour assurer la pérennité de la structure.