
Une surprise de taille attendait les participants au Festival Hangar Zéro1 lors des trois jours de show, les 22, 23 et 24 mai, à l’aérodrome Jean Coutty d’Arbent-Oyonnax. Deux sculptures impressionnantes, l’une d’un cheval cabré et l’autre représentant un gorille, réalisées par un jeune sculpteur d’Oyonnax, Cyril Maire.


À 28 ans, Cyril Maire conçoit aujourd’hui des sculptures métalliques dans son atelier d’Oyonnax. Avant d’en arriver là et d’être plébiscité sur les réseaux sociaux, il a du trouver sa voie. Comme c’est bien souvent le cas, Cyril n’aimait pas l’école. Après celle de Groissiat puis le collège à Oyonnax, il s’est dirigé vers l’option de l’alternance. L’entreprise Chalon-Megard de Montréal-la-Cluse l’a accueilli pendant plus de trois ans, lui permettant d’obtenir son CAP puis son BAC TCI (Technicité en Chaudronnerie Industrielle). « Entre midi et deux, je réalisais déjà des petites sculptures comme des insectes ou des motos et des voitures en métal. Mes collègues trouvaient que c’était sympa et que j’avais un esprit créatif, ils me poussaient à me mettre à mon compte », confie Cyril. Avant d’ajouter : « Au départ, je désirais être ébéniste. Petit, j’aimais faire des cabanes en forêt, je m’amusais avec des jeux de construction : Lego, Meccano, Jeujura… Mes sculptures, je les vois comme des jeux de construction ».

Faire le point en Australie
Puis Cyril s’est inscrit dans des agences intérimaires. Se cherchant, il a fait une préparation militaire au troisième RPIMA à Carcassonne. Là encore, il s’est aperçu qu’il avait du mal à se faire diriger par des supérieurs. Il revient dans la région et passe trois ans chez Collard-Pelisson à Vieu-d’Izenave. « J’ai beaucoup appris, aidé par un bon patron, Alain Pelisson. Il a mis ses locaux à ma disposition, me permettant de créer mon autoentreprise en 2020. Je réalisais des garde-corps en tôlerie perforée », retrace-t-il.

Pendant trois ans, Cyril va travailler comme prestataire de service en collaborant avec la société SITEC Internationale, un fournisseur d’équipements industriels, implanté à Oyonnax. Grâce à son PDG Claudio Sirna, qui lui permet d’utiliser ses locaux, c’est un déclenchement décisif. « À cette époque, j’étais chez mes parents, je travaillais de 7 heures à 17 heures pour cette société, puis pour mon compte dans les ateliers en réalisant mes premières sculptures », indique le sculpteur. Inspiré par Richard Orlinski, artiste français qui réalise des sculptures en résine obtenues par moulage, Cyril se lance dans la réalisation de sculptures en métal inspirées par l’origami, l’art du pliage en papier. Très présent sur les réseaux sociaux et en passant beaucoup de temps entre son métier et sa passion pour créer ses sculptures, Cyril traverse une période de doute. Il décide de prendre un Visa Vacance-Travail pour l’Australie, vendre ses outils et faire le point en laissant sa vie française derrière lui.
Le boum des réseaux sociaux
En revenant, conscient de l’importance des réseaux sociaux, il fait de plus en plus de parutions. Le nombre de personnes qui le suit explose, les commentaires positifs et les demandes de devis affluent, et ses idées de créations se diversifient : chiens, cheval cabré, gorille, crocodile, aigle, tigre, lion… Ce sont bientôt 39 000 personnes qui le suivent sur Instagram, 65 000 sur Tik-Tok et ses vidéos dépassent plusieurs millions de vues.

Afin de construire ses sculptures gigantesques, Cyril choisit un animal et trouve une ou plusieurs images lui correspondant, en se servant de son ordinateur et de l’intelligence artificielle. Il créé alors son image en modèle 3D et la décompose en une multitude de facettes, comme pour une réalisation en origami. Les facettes sont numérotées, expédiées à l’entreprise SOGNO à Arbent, qui est spécialisée dans la découpe laser. Avec l’aide du plan d’assemblage, comme un Lego, Cyril va préparer ses pièces, les plier (13 plis pour certaines pièces), les ajuster et les souder.
Un travail minutieux et exigeant
Il travaille principalement l’acier Corten, un acier aussi appelé acier auto-patinable, acier auto-protecteur, qui s’oxyde spontanément en surface. Il utilise également de l’acier brut et de l’inox pour certains détails. Doucement, sous les mains expertes de l’artiste chaudronnier, la sculpture prend forme : un travail minutieux et exigeant car Cyril est perfectionniste. « Je peux faire un traitement spécial à la demande du client, peindre la sculpture, mais, ce que je préfère et qui est en quelque sorte ma signature, c’est laisser l’œuvre un peu brut, sans polir les soudures. Ce côté industriel me convient et me correspond », précise-t-il. Les sculptures ainsi réalisées peuvent avoir une durée de vie très importante, l’acier Corten évoluant en se couvrant d’une pellicule rouille orangée favorable au fil du temps.

Une à cinq semaines par sculpture
Ce sont des heures de travail : une à cinq semaines par sculpture, avec des matières premières qui augmentent sans cesse. Les prix de vente sont importants (entre 3 900 et 25 000 €), mais correspondent au marché, Cyril s’adressant à une clientèle qui connaît le monde de l’Art et qui a les moyens d’investir. Bon nombre de devis n’aboutissent pas, mais les ventes augmentes et Cyril est confiant. Le marché des villes et communes de France et des pays limitrophes représente notamment de belles opportunités. Cyril a d’ailleurs proposé la maquette d’une lunette géante pour la ville d’Oyonnax.























