Jura. Le projet Maréco veut reconnecter les mares pour préserver la biodiversité

Préserver les mares, restaurer les continuités écologiques et mieux orienter les futurs travaux. C'est l'ambition du projet Maréco, lancé par la Fédération départementale des chasseurs, aux côtés de plusieurs partenaires régionaux.

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Le projet Maréco vise à identifier les mares prioritaires à restaurer afin de renforcer les continuités écologiques pour les amphibiens. Crédit photo : Fédération départementale des Chasseurs du Jura

Les mares ne sont pas de simples points d’eau dispersés dans le paysage. Pour de nombreuses espèces, notamment les amphibiens, elles constituent un véritable réseau indispensable à leur cycle de vie. C’est sur cette logique que repose Maréco, un projet régional porté par la Fédération régionale des chasseurs de Bourgogne-Franche-Comté et décliné dans cinq départements, dont le Jura.

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Son objectif est de mieux connaître les réseaux de mares afin de cibler les secteurs où des restaurations seront les plus utiles.

Pour cela, les techniciens s’appuient sur un nouvel outil d’évaluation baptisé IECMA (Indice écologique de caractérisation des mares). Celui-ci attribue une note à chaque mare en fonction de 17 critères portant notamment sur son état de conservation, ses berges, son environnement, sa connexion avec d’autres pièces d’eau ou encore sa pérennité.

“L’idée, c’est de voir si cet indicateur permet de déterminer assez rapidement la manière dont il faut se comporter vis-à-vis d’une mare”, explique Pauline Roger, chargée de mission Trame Turquoise et Biodiversité à la Fédération départementale des chasseurs du Jura.

L’outil doit également permettre d’évaluer, après intervention, si les travaux réalisés ont effectivement amélioré la qualité écologique des sites.

Un diagnostic à l’échelle des réseaux

L’une des spécificités de Maréco est de ne plus raisonner mare par mare mais à l’échelle de véritables réseaux écologiques. Un logiciel développé dans le cadre du projet identifie les mares connectées entre elles, en tenant compte notamment de leur éloignement ou de la présence d’obstacles comme les grands axes routiers.

L’objectif est de repérer les ruptures de continuité qui limitent les déplacements des amphibiens et, si nécessaire, d’envisager la création de nouvelles mares pour recréer ces liaisons naturelles.

Dans le Jura, deux secteurs serviront de terrain d’expérimentation. Le premier prend appui sur la commune d’Abergement-le-Grand, avant de s’étendre selon les réseaux identifiés vers Abergement-le-Petit, Grozon ou encore Aumont. Le second concernera la commune de Chapelle-Voland, choisie notamment parce que de nombreuses mares y restent encore non répertoriées dans les bases de données existantes.

Avant toute intervention, une vaste campagne de diagnostics sera menée afin d’inventorier les mares et d’évaluer leur potentiel écologique. Les sites susceptibles d’être restaurés feront également l’objet d’un inventaire des amphibiens afin d’identifier la présence éventuelle d’espèces protégées et d’adapter les futurs travaux.

Trois ans pour tester et restaurer

Officiellement lancé le 8 juin dernier, Maréco s’étendra jusqu’à la mi-2029. La Fédération départementale des chasseurs du Jura a fait le choix de consacrer une première année entière au diagnostic du territoire avant d’engager les restaurations. Les travaux, financés à 100 % grâce au soutien de l’Agence de l’eau, de la Région et des fédérations de chasseurs, seront réalisés après convention avec les propriétaires.

Ces engagements visent notamment à garantir la pérennité des aménagements, en évitant par exemple le rebouchage des mares, l’introduction de poissons ou d’espèces invasives. Une fois les interventions terminées, l’outil IECMA sera de nouveau mobilisé pour mesurer leur efficacité.

Au-delà des travaux, Maréco comporte également un important volet de sensibilisation. Des animations nature, des rencontres avec les habitants, des interventions auprès des scolaires et des supports pédagogiques doivent accompagner le projet tout au long de son déroulement.