Le Jura devient un département pilote en matière de souveraineté numérique. Ce 4 mai, le SIDEC du Jura, la préfecture et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) ont officialisé leur partenariat autour de la “suite territoriale”. Derrière ce nom, un objectif clair : renforcer la cybersécurité des collectivités, en particulier des petites communes rurales. « La sécurité numérique et la souveraineté se construisent », a rappelé Bernard Brunel, le président du SIDEC. Le syndicat accompagne déjà 489 communes jurassiennes dans leurs usages numériques et veut désormais franchir une nouvelle étape avec des outils mutualisés et sécurisés.
Pensée pour les collectivités de moins de 15 000 habitants, cette suite territoriale proposera notamment une messagerie sécurisée, un espace de stockage partagé ou encore un système d’authentification unique via ProConnect. Une réponse aux nombreuses fragilités identifiées sur le terrain. Selon l’État, 62 % des communes jurassiennes présentent encore des risques en matière de sécurité numérique, notamment à cause d’adresses mail non sécurisées. « Une attaque peut paralyser une mairie ou compromettre des données sensibles », a rappelé Sylvère Say, le secrétaire général de la préfecture. Le SIDEC, qui travaille depuis plus de quarante ans sur les outils numériques des collectivités, insiste aussi sur l’enjeu d’égalité territoriale : offrir aux petites communes les mêmes services que les plus grandes.
Un déploiement progressif dès 2026
Le lancement opérationnel de la suite territoriale doit désormais s’effectuer progressivement au cours de l’année 2026. Le Jura sera l’un des premiers territoires à expérimenter le dispositif à cette échelle. « On n’a pas trouvé meilleur moment pour engager ce travail », a estimé Pierre-Édouard Colliex, le préfet, évoquant à la fois les attentes croissantes des habitants et les risques liés aux cyberattaques. Plusieurs services devraient ensuite venir compléter le socle initial, comme la prise de rendez-vous en ligne ou des outils liés aux données communales. Derrière cette signature, les partenaires affichent surtout une ambition commune : moderniser le service public local tout en gardant les données des collectivités hébergées en France.























