
De 6 h 30 à 9 heures, une centaine d’artisans du bâtiment se sont mobilisés à travers tout le département ce vendredi 24 avril. Sur le secteur de Lons-le-Saunier, aux ronds-points de l’Étoile, du Rocher, de Perrigny et de Messia-sur-Sorne, la CNATP et la CAPEB du Jura ont procédé à des barrages filtrants aux heures de pointe de passage du matin. « L’augmentation des prix du carburant nous impacte énormément sur les travaux, on est sur des pertes sèches, on s’aperçoit que tout est imputé, parce que le pétrole est partout », explique Émilien Michel, président de la CNATP et vice-président de la CAPEB, au rond-point de Messia. « Aujourd’hui, c’est 10 000 euros par mois en plus. On ne nous écoute pas, on ne nous entend pas. Le gouvernement a promis d’envisager une aide de 20 centimes sur le gazole non routier, mais ils ont dit jusqu’à 20 centimes, ça ne veut pas dire qu’on aura 20 centimes. Et il n’y a rien d’actuel en ce moment », complète-t-il.


« Si on ne fait rien, le travail ne sera plus là »
À Messia, ils étaient une vingtaine aux alentours de 7 h 30, tenant un barrage filtrant avec un temps d’attente d’une dizaine de minutes pour les automobilistes. Au rond-point du Rocher, à Perrigny ou à celui de l’Étoile, ce blocage était un peu plus important, sans toutefois créer des incidents, et avec un plutôt bon accueil de la part des personnes ralenties. « Les gens sont assez réceptifs, la plupart nous encouragent », affirme David Rebouillat, paysagiste de Bletterans, présent sur le blocage du rond-point de l’Étoile. « Parce qu’on défend aussi leur pouvoir d’achat. Le prix de nos chantiers a augmenté de 10 à 20 % à cause de cette hausse », informe le travailleur.


À destination de ce rond-point de l’Étoile, une autre action était organisée depuis Dole : une opération escargot avec une vingtaine d’artisans mobilisés pour ralentir la circulation. Celle-ci n’a pas créé d’embouteillages d’ampleur, la CAPEB et la CNATP souhaitant se faire entendre sans créer de blocage complet, et en levant totalement les barrages à 9 heures.

« On a choisi cet horaire pour toucher un maximum de gens, parce que c’est stratégique, mais on ne peut pas se permettre d’être là une journée, il faut qu’on aille au travail », explique Émilien Michel. « Mais on se mobilise, parce que, si on laisse aller comme ça, si on ne fait rien, ce travail ne sera plus là ».























