Région. Une transition à deux vitesses pour le biométhane en Bourgogne-Franche-Comté

Avec près de 7 % de gaz vert dans sa consommation, la Bourgogne-Franche-Comté accélère sa transition énergétique. Mais derrière cette dynamique, des disparités territoriales persistent, notamment dans le Doubs et le Jura.

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gaz vert en Bourgogne
Un point presse était organisé par GRDF BFC, ce jeudi 23 avril pour présenter l'évolution de la région autour de la transition écologique.

Le gaz vert gagne du terrain en Bourgogne-Franche-Comté. Longtemps perçue comme une filière émergente, la méthanisation s’impose désormais comme un levier concret de la transition énergétique. La région couvre déjà 6,8 % de sa consommation de gaz grâce au biométhane, avec un objectif de 25 % à l’horizon 2030.

« Le gaz vert n’est plus une perspective : c’est une réalité en croissance », insiste Emmanuel Connaisson, directeur adjoint de GRDF pour la Bourgogne Franche-Comté et le Grand Est. D’ici fin 2026, la production régionale doit atteindre 1 milliard de kWh, symbole d’un changement d’échelle revendiqué par l’opérateur.

Une filière qui change de dimension

Sur le terrain, cette dynamique se traduit par une multiplication des installations. La Bourgogne-Franche-Comté compte aujourd’hui 28 sites de méthanisation en service, auxquels s’ajouteront six nouvelles unités dès 2026.
Chaque année, près de 150 000 tonnes de matières organiques, effluents d’élevage, résidus agricoles ou biodéchets, sont valorisées pour produire du gaz renouvelable. Depuis 2015, ces volumes ont permis d’éviter plus de 168 000 tonnes de CO₂.

Au-delà de l’enjeu environnemental, la filière représente aussi un levier économique important. Le développement de la méthanisation a déjà généré près de 400 millions d’euros d’investissements dans la région, dont environ 80 % bénéficient directement aux territoires, via des entreprises locales, des artisans ou encore des retombées fiscales.

Dans un contexte marqué par les débats autour de l’électrification des usages, GRDF défend une approche complémentaire. « L’électricité ne pourra pas tout résoudre à elle seule », rappelle Emmanuel Connaisson, évoquant notamment les usages industriels ou les bâtiments difficiles à rénover.

Des disparités fortes entre territoires

Mais derrière cette montée en puissance, la carte régionale révèle de fortes disparités. Certains départements affichent déjà des niveaux avancés de production : la Côte-d’Or atteint 16 % de gaz vert dans sa consommation, la Haute-Saône 16,2 %. À l’inverse, le Doubs reste très en retrait avec seulement 0,5 %, tandis que le Jura atteint 3,1 %.

Plateforme COMETH de méthanisation, cuves et installations industrielles
Six sites de méthanisation comme celui-ci vont sortir de terre dans la région d’ici à la fin de l’année. Crédit photo : GRDF

Ces écarts s’expliquent en grande partie par les réalités locales. La méthanisation repose sur des ressources agricoles disponibles à proximité et sur la capacité des acteurs à porter des projets collectifs. « Le méthaniseur correspond à l’endroit où il est implanté », souligne Éric Passetti, directeur territorial régional pour la Bourgogne-Franche-Comté, rappelant que chaque territoire développe la filière en fonction de ses spécificités.

Le Doubs et le Jura sont les parents pauvres de la région en terme d’usine de méthanisation. Le Jura contient un seul site, à Dole, tout comme le Doubs, à Besançon. Toutefois, comme l’explique Éric Passetti, « ces deux département ont une particularité, qu’on n’a pas dans d’autres régions ». Et ce n’est autre que le comté, « avec un cahier des charges qui impose un certain nombre de choses, il n’y a pas toujours une compatibilité avec la méthanisation. »

Malgré ces disparités, le potentiel régional reste important. La Bourgogne-Franche-Comté pourrait produire plus de 7 TWh de gaz renouvelable à long terme, selon les estimations, soit un levier stratégique pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Pour GRDF, l’enjeu est désormais d’accompagner cette montée en puissance tout en maîtrisant son développement. « Le bon projet, c’est celui qui est accepté », conclut Emmanuel Connesson, qui insiste sur la nécessité d’un ancrage territorial fort.