Champagnole. Don du sang : une participation en recul sur le secteur

Sur le secteur de Champagnole et Nozeroy, les collectes de sang restent aussi actives que possible, malgré une baisse de fréquentation. Entre nouvelles habitudes et contraintes logistiques, les bénévoles s’adaptent pour maintenir la dynamique. Le territoire conserve toutefois un niveau de générosité supérieur à la moyenne nationale.

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don du sang Champagnole
Dans le Jura, 17 amicales et 33 sites de prélèvement structurent l’organisation locale du don du sang.

Sur le secteur de Champagnole et Nozeroy, les collectes de sang restent régulières, mais moins fréquentées qu’auparavant. D’une centaine de donneurs aujourd’hui contre près de 200 certaines années, la participation fluctue. À l’échelle du Jura, le coefficient de générosité est passé d’un peu plus de 5 % à environ 4,26 %, même s’il reste supérieur à la moyenne nationale fixée à 3,5 %. Derrière ces chiffres, c’est toute l’organisation locale du don qui évolue.

Le principe, lui, ne change pas. « Le sang total permet de prélever les globules rouges, les plaquettes et le plasma, qui serviront ensuite à soigner des malades », rappelle Jacky Colas, président de l’Amicale des donneurs de sang de Champagnole. Accidents, opérations ou maladies lourdes : les besoins restent quotidiens. À l’échelle nationale, 10 000 dons sont nécessaires chaque jour pour soigner près d’un million de personnes par an.

Sur le terrain, pourtant, les repères se déplacent. À Champagnole, certaines collectes réunissent désormais environ 120 donneurs. « On pouvait atteindre 200 donneurs. Aujourd’hui, 120, c’est déjà bien, mais ce n’est pas suffisant », souligne-t-il. Une tendance qui se retrouve ailleurs dans le département, où trois sites de collecte ont disparu en cinq ans.

Un modèle en mutation depuis la crise sanitaire

Depuis la crise du Covid, les habitudes ont changé. La prise de rendez-vous s’est généralisée. Si elle facilite l’organisation, elle peut aussi freiner certains donneurs. « Tout le monde ne peut pas s’adapter facilement, notamment avec le travail », observe Jacky Colas. Peu à peu, la participation s’en ressent.

Par ailleurs, certains dispositifs ont disparu. C’est le cas des collectes de plasma mobiles, arrêtées en 2018. Désormais, ce type de don nécessite de se rendre dans des structures spécialisées, notamment à Besançon. « C’est une journée entière. Beaucoup renoncent », explique-t-il. Une contrainte importante, alors même que les besoins augmentent : la France vise 1,4 million de litres de plasma collectés d’ici 2028, contre environ 900 000 aujourd’hui.

Malgré ces évolutions, le territoire conserve une dynamique solide. Le Jura compte encore 17 amicales et 33 sites de prélèvement. « Le monde rural répond présent. Il y a un vrai esprit de solidarité », insiste le président. Un socle qui permet de maintenir les collectes.

Mobilisation locale et nouvelles pistes d’action

Face à ces enjeux, les amicales renforcent leur présence. Communication locale, réseaux sociaux, événements ou interventions scolaires : les initiatives se multiplient. Récemment, une action en milieu scolaire a permis de sensibiliser une trentaine de jeunes, attendus lors d’une prochaine collecte. « On va chercher les donneurs là où ils sont », résume Jacky Colas.

L’organisation repose aussi sur un maillage territorial dense, mais fragile. Les petites collectes, notamment celles réunissant moins de 30 donneurs, sont menacées. « Elles sont essentielles, mais doivent atteindre un minimum pour perdurer », rappelle-t-il. La question de leur maintien se pose régulièrement.

Enfin, des perspectives se dessinent. La création d’une structure dédiée au don de plasma dans le Jura fait partie des objectifs. « C’est un combat important pour l’avenir », affirme Jacky Colas. Dans un contexte de besoins constants, chaque mobilisation locale compte.