
L’économie circulaire s’installe progressivement dans le paysage économique de l’Arc jurassien. Selon l’Observatoire statistique transfrontalier de l’Arc jurassien (OSTAJ), “19 100 emplois relèvent aujourd’hui de ce secteur, soit 2 % de l’emploi total”. Une présence encore modeste, mais révélatrice d’une transformation en cours.
D’autant que “62 % de ces emplois se situent du côté suisse”, ce qui confirme un déséquilibre territorial déjà observé dans d’autres domaines.
Dans le détail, ces emplois restent largement éloignés des zones frontalières. “56 % d’entre eux sont localisés hors des territoires de coopération transfrontaliers”, précise l’étude. En revanche, au sein de la bande frontalière, la répartition est contrastée. Le Nord Franche-Comté-Canton du Jura concentre “41 % des emplois”, devant l’Aire Mont d’Or-Chasseron (25 %). Les Parcs et l’agglomération du Doubs (18 %) ainsi que le Haut-Jura-Vallée de Joux (16 %) ferment la marche.
Autre caractéristique marquante, la forte masculinisation des métiers. “Seuls 18 % des emplois sont occupés par des femmes en 2022”, souligne l’OSTAJ. Une tendance qui s’explique notamment par “la connotation historiquement masculine de certaines filières, comme la réparation automobile”. Ce constat interroge sur les leviers à activer pour diversifier les profils dans ces activités.
Une économie du réemploi dominée par la réparation
Au cœur de cette filière, les activités de réemploi, de partage et de réparation dominent largement. Elles regroupent “16 050 emplois, soit 83 % de l’ensemble”. La réparation s’impose comme le pilier central, avec “14 050 emplois”, principalement dans le secteur automobile. Mais l’étude met aussi en lumière un savoir-faire spécifique au territoire. “De nombreux ateliers s’inspirent de la tradition horlogère, privilégiant l’entretien et la remise en état plutôt que le remplacement”, note l’OSTAJ.
En parallèle, la gestion des déchets constitue l’autre grand volet de l’économie circulaire. “La collecte et le recyclage représentent 3 000 emplois, soit 17 % de la filière”. Contrairement aux activités de réparation, ces emplois sont “répartis de façon homogène sur le territoire”, car directement liés aux besoins des populations, qu’il s’agisse du traitement des eaux usées ou de la collecte des déchets.
Cette structuration traduit une économie encore très ancrée dans des activités dites “présentielles”, au plus près des habitants. Elle montre aussi que l’économie circulaire repose avant tout sur des services de proximité, difficilement délocalisables.
Une progression modérée, portée par la démographie
Sur le temps long, la dynamique reste positive, mais mesurée. Entre 2011 et 2022, “le nombre d’emplois a progressé de 5,2 %”. Une hausse que l’OSTAJ qualifie de “modérée”, mais qui s’inscrit dans un contexte démographique favorable, notamment en Suisse. “L’augmentation de la population a contribué à soutenir certaines activités”, notamment la location ou encore la collecte et la récupération des déchets.
Ces segments apparaissent d’ailleurs comme les principaux moteurs de la croissance récente. Ils traduisent une évolution des modes de consommation, davantage orientés vers l’usage que vers la propriété. Un changement encore progressif, mais qui pourrait s’accélérer dans les années à venir.























