
Plus de 70 personnes sont incarcérées à la maison d’arrêt de Lons-le-Saunier, dans un établissement prévu pour 39 prévenus ou détenus.
Dans ce contexte, des organismes et des associations tentent de rendre le quotidien moins pesant, notamment pour les familles venant au parloir. “Nous voulons rendre l’attente plus humaine, en excluant les jugements de valeur”, explique Thérèse Pernot, présidente de L’îlot des familles.
L’association accueille les proches dans un nouveau local depuis 2024, à quelques dizaines de mètres de la maison d’arrêt. “Il est étroit, mais c’est une sympathique petite maison, pas un hall de gare comme d’autres locaux.”
La période de Noël : une épreuve pour les familles
Ces passages au local ont bondi depuis la nouvelle implantation : 3.3 % des proches allant au parloir s’y rendaient en 2023, 64 % en 2024 et 80 % l’année dernière. “Cela fait plus de 1 300 passages en tout. On sert aussi de bureau d’information, sur les questions d’envoi de linge, de ce qui est accepté dans les colis…”
En parallèle de cet accueil, L’îlot des familles organise aussi des actions pour les personnes incarcérées. 74 colis de Noël – contenant un jeu de société, un sachet de chocolat et du comté – ont été distribués l’année dernière, en collaboration avec l’aumônerie catholique.
“C’est une période difficile pour les familles, on sent que c’est pesant. À l’initiative de détenus, nous avons aussi mis en place un atelier de cartes de Noël à envoyer à leurs enfants”, raconte la vice-présidente Roselyne Sarazin. Celle-ci indique que le nombre d’activités au sein de la maison d’arrêt a beaucoup diminué depuis 2023.
Malgré tout, des ateliers cuisine ont été organisés à l’été 2025 avec Romain Ponard, professeur de pâtisserie au CFA de Gevingey. “Il propose des recettes avec des ingrédients simples que les détenus peuvent cantiner, et du matériel existant en cellule.”
“Une personne a lu son premier livre au mitard”
En novembre, avec l’école présente en maison d’arrêt, une rencontre a eu lieu avec l’auteur Olivier Bleys. Le professeur Thibaut Orny, qui réserve ses cours aux détenus allophones ou aux moins de 25 ans non diplômés, a mené des ateliers de lecture en amont de sa venue et une quinzaine de livres ont été offerts.
“Il y a une personne qui a lu son premier livre au mitard, et qui ne pensait qu’à ça après”, témoigne Roselyne Sarazin. Enfin, le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et Probation) a mené à bien trois grandes actions en 2025 : “Un atelier “parler ma violence” avec une psychologue qui a eu beaucoup de succès, des séances de théâtre d’improvisation et une sensibilisation à la justice restaurative“, énumère la directrice Gaëlle Arbey. “Pour 2026, une séance de médiation animale est envisagée. La maison d’arrêt participera aussi à la fête du court-métrage en octobre, avec un atelier où les détenus pourront faire leur propre film” conclut-elle.























