
À l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger (UAPED), un nouveau collègue a fait son entrée. Il s’appelle Volt. Ce jeune chien de quinze mois accompagne désormais les enfants, jusqu’à 18 ans, victimes de violences lors de leur passage dans le service. Sa présence vise à rassurer les enfants et les aider à s’exprimer.
L’initiative repose sur la médiation animale. Cela signifie que le chien crée un climat plus apaisé. Les enfants se sentent moins seuls face aux professionnels et aux procédures. “Les chiens ont une présence presque indispensable pour que les enfants puissent s’exprimer et dire leurs souffrances”, insiste Francis Perlot, président de l’association Adap’ton chien.
Volt intervient à différents moments du parcours des jeunes victimes. Il peut être présent lors des auditions réalisées par les forces de l’ordre ou durant les examens médicaux ou psychologiques. Sa simple présence réduit le stress et apporte un soutien émotionnel immédiat.
Un projet collectif au service des enfants
Le projet s’inscrit dans une dynamique nationale. L’association La Voix de l’enfant accompagne le développement de ces dispositifs depuis plusieurs années. Elle a contribué à la création des unités d’accueil pédiatrique pour les enfants en danger. Aujourd’hui, plus d’une centaine existent en France.
La médiation animale reste encore récente dans ces structures. Pourtant, les expériences se multiplient. Plusieurs unités ont déjà choisi d’intégrer un chien dans leur fonctionnement. “La présence de l’animal apporte de l’apaisement et réduit le stress des enfants, mais aussi celui des professionnels”, souligne une représentante de l’association.
L’arrivée de Volt résulte d’un long travail. L’animal a d’abord été élevé par une famille d’accueil, puis éduqué par l’association Adap’ton chien. Des bénévoles l’ont accueilli dès ses deux mois en assurant sa socialisation et ses premiers apprentissages. “Les familles d’accueil jouent un rôle essentiel. Elles accompagnent le chien pendant plusieurs mois avant qu’il commence sa mission”, rappelle Francis Perlot.
Une mobilisation associative et locale
Le financement du projet repose sur une mobilisation associative. Plusieurs structures ont apporté leur soutien dont l’association Les Jura Pink, parmi les premières à s’engager. Ses membres portent régulièrement des actions solidaires en faveur des enfants ou des victimes de violences.
Pour réunir les fonds nécessaires, l’association multiplie les initiatives. Les bénévoles organisent des événements et des ventes solidaires. Les recettes servent à financer différents projets. “Nous voulions soutenir une action concrète pour les enfants du territoire”, explique une représentante du collectif.
En quelques mois, Volt a déjà accompagné une cinquantaine d’enfants. Les premiers retours sont très encourageants. “Il a déjà apporté des rires et de la douceur dans des situations très difficiles”, témoigne Marilyne Primot, infirmière référente du projet. Au quotidien, elle veille sur le chien et l’accompagne dans ses missions. Volt ne vit pas en permanence à l’hôpital. Il partage aussi la vie de l’infirmière, qui l’accueille chez elle.




















