Trente ans déjà que Pokémon et son univers ont vu le jour. À cette occasion, le musée du Jouet a été sollicité par l’association MTZ E-Sport pour accueillir un salon de cartes à collectionner baptisé “Pokéculture”. Une initiative en adéquation avec les missions de l’établissement.
Les cartes à collectionner, et en particulier celles de Pokémon, constituent en effet un phénomène culturel et générationnel majeur, à la croisée du jeu, de la collection, de l’illustration et de la culture populaire contemporaine. Elles s’inscrivent pleinement dans l’histoire du jouet et des pratiques ludiques, des années 1990 à aujourd’hui.

Collectionneurs et passionnés réunis
Les exposants, venus de la région — de Saint-Claude à Nantua — partageaient une même passion pour l’univers Pokémon. Collectionneurs aux profils variés, ils étaient présents pour échanger, vendre, mais aussi exposer une partie de leurs collections.
Parmi eux, Loïc Caniotti, qui a ouvert avec Anaïs la boutique Metazone TCG à Saint-Claude fin octobre 2025. Ils y proposent cartes et accessoires liés à Pokémon, mais aussi à d’autres univers comme les mangas.
“Il y a un réel marché autour de ces univers. Les prix des cartes débutent autour de 3 euros mais peuvent atteindre des montants bien plus importants. C’est l’offre, la demande et la rareté qui justifient ces écarts”, explique-t-il. Il souligne également l’importance des réseaux sociaux : “Les collectionneurs, amateurs ou avertis, sont informés quotidiennement des nouveautés et des prix. L’intérêt est plus que jamais d’actualité, mais il faut rester vigilant : l’effet de mode peut retomber. À nous de proposer d’autres collections en alternative.”
Un autre stand, « Princesse Bari », mettait en avant des objets de décoration réalisés par une artiste installée à Besançon, ainsi que des solutions de rangement pour cartes. Kevin, collectionneur venu de Nantua, participait pour la première fois : “Je collectionne depuis longtemps et je me suis mis à acheter et revendre quelques coffrets. C’est un passe-temps qui me permet aussi d’agrandir ma collection, ce qui reste ma priorité.”
Le choix des cartes et objets à collectionner est très vaste. Il y en a pour toutes les bourses, de quelques euros à des sommes astronomiques lors des ventes aux enchères internationales.
“Les cartes Pokémon sont bien plus qu’un jeu : elles incarnent toute une génération et s’inscrivent dans l’histoire des pratiques ludiques contemporaines”, souligne Mélanie Bessard, directrice du musée.
Un levier pour attirer de nouveaux publics
Pour le musée, l’accueil d’un tel événement présente plusieurs intérêts. “Il permet de toucher de nouveaux publics, notamment les adolescents, les jeunes adultes et les collectionneurs. Cela renforce notre ancrage dans les cultures ludiques contemporaines et affirme notre positionnement comme lieu vivant, ouvert aux pratiques actuelles”, explique la directrice.
Ces initiatives créent également des passerelles entre patrimoine du jouet et cultures populaires modernes, tout en générant une fréquentation complémentaire à l’offre muséale traditionnelle.
En accueillant “Pokéculture”, le musée du Jouet confirme ainsi sa volonté de ne pas se limiter à une approche patrimoniale, mais d’accompagner l’évolution des pratiques et des imaginaires liés au jeu, en lien avec les acteurs associatifs du territoire.























