C’est un serrage de vis que la candidate Séverine Debus avait évoqué dans sa campagne. La maire de Nantua nouvellement élue met déjà en application son programme de rigueur budgétaire, face à un déficit qu’elle a découvert en arrivant en poste. « J’ai fait le point avec la directrice générale des services, et celui-ci est de 449 000 euros sur le budget de l’année dernière. Ça n’a pas été une surprise, mais ça nous oblige à construire un budget très difficile pour 2026, avec, en plus, des dotations qui ont baissé de plus de 100 000 euros ».
Première victime de cette baisse de dépenses : la culture, qui s’est vue amputée de nombreux évènements dès cette année. « Nous n’avons pas les moyens de continuer le Woua’art, qui coûtait 65 000 euros à l’année, avec un reste à charge de 35 000 euros pour la commune. Au niveau de l’espace Malraux, le dernier concert a lieu ce 30 avril mais, ensuite, on le met pour l’instant en stand-by ».
« On essaie de gratter partout »
La maire assure que ces coupes ne sont que provisoires et réfléchit, à plus long terme, à installer le Woua’art tous les deux ans. « Ce n’est pas une annulation définitive, on parle plutôt d’une année blanche. Tout le travail qui a été fait avant, et qui est formidable, on ne va pas revenir dessus ». Ces décisions sont prises dans le cadre d’une politique budgétaire globale, qui vise à grandement diminuer les dépenses de fonctionnement de la commune. « On ne renouvelle pas le poste d’une personne partie à la retraite, on va renégocier une grande partie des contrats… On essaie de gratter partout, sans qu’il y ait un impact trop important sur la population ».
La maire vise une baisse de plus de 600 000 euros de ces dépenses de fonctionnement, passant de 5.3 à 4.7 millions d’euros. Au-delà de la vie culturelle de la commune, la première victime de cette baisse des dépenses est la directrice culturelle Anne-Isabelle Ginisti. « On est obligés de l’arrêter avant la fin de son contrat, au 1er juillet, puisqu’elle gérait Woua’art et la saison culturelle Malraux », explique Séverine Debus.
Une culture moins chère et patrimoniale
La maire de Nantua projette une culture moins chère, en lien avec les associations et davantage à visée patrimoniale. « Avec Quentin Mollard (adjoint à la culture), on va essayer de mettre en valeur les ruelles, les traboules, avec un parcours patrimonial, car il n’y a pas que le lac ». Elle met en avant également de nombreux évènements, face à la crainte d’une culture moins dirigée vers les jeunes générations. « On va remettre en place des choses qui n’existaient plus, comme la Fête de la musique, ou le 14 juillet en bal populaire avec le club de rugby. Il y aura le Nantua Fest au mois de mai, Rugby Splash au mois de juillet ou la Gravity Race en septembre ».
Séverine Debus marque ainsi son empreinte politique, en attendant le jugement du tribunal administratif du 12 mai, concernant le recours du maire sortant Jean-Pascal Thomasset.


























