Jura. Après les européennes, les régionalistes ont le vent en poupe

On ne fait pas un riche avec deux pauvres. Alors, le divorce à l’amiable est-il possible entre la Bourgogne et la Franche-Comté ?

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Jean-Philippe Allenbach.

François Rebsamen, le Maire de Dijon et Président de Dijon Métropole, vient d’apporter de l’eau au moulin de Jean-Philippe Allenbach le Président du Mouvement Franche-Comté. Le Don Quichotte comtois qui lutte depuis des lustres contre les moulins à vent de la technocratie, vient de trouver un allié de poids. Ils vont tenter de convaincre Bourguignons et Francs-Comtois de l’intérêt d’abandonner la couche commune, les uns et les autres s’accusant mutuellement de tirer la couverture. « La fusion devait être source d’économies ». François Patriat et Marie-Guite Dufay le claironnaient dès 2014.

La dette a quasiment doublé en 8 ans !

Pourtant les faits sont têtus : en 2015, les budgets primitifs de la Bourgogne et de la Franche-Comté étaient respectivement de 774,5 millions d’euros et 516,2 millions, soit un total de 1,291 Mds€.
En 2023, le budget primitif de la grande région Bourgogne Franche-Comté culmine à 1,898 Mds€, soit une hausse de 47% en 8 ans. Alors que la fusion devait permettre des mutualisations, les frais de personnel ont pourtant grimpé de 28%.

Pire, la dette a quasiment doublé en 8 ans, passant de 675 millions à 1,3 milliards d’euros. Clairement, le couple ne s’entend plus et est en situation de surendettement.
Le Maire de Dijon n’a jamais caché son opposition à la fusion « c’était une mauvaise réforme et je ne m’étais pas gêné pour le dire à l’époque à François Hollande. Je l’ai dit au président Macron…si ça ne fonctionne pas, mieux vaut séparer des régions » a-t-il annoncé au Monde.

60% des Francs-Comtois souhaitent la sécession d’avec la Bourgogne

C’est le résultat d’un sondage commandé en 2022 par le MFC de Jean-Philippe Allenbach. Le trublion franc-comtois opte pour une solution simple : « consulter par référendum les Francs-Comtois et les Bourguignons pour leur demander s’ils veulent le divorce ou pas…sachant que si l’une des deux régions le refuse, il n’y aura pas d’autre choix que de passer au divorce ».

Pour le Mouvement Franche-Comté, « les régions n’appartiennent pas à leurs élus mais à leurs habitants et c’est donc à eux de décider de leur avenir ». Celui qui se bat depuis des années contre les moulins à vent vient de trouver avec le Maire de Dijon, un soutien de poids !
De quoi inquiéter celles et ceux qui font tourner les moulins dans le vide depuis 8 ans…

L’après 9 juin 2024…

Suite aux résultats des élections européennes, Jean-Philippe Allenbach, Président du Mouvement Franche-Comté, indique clairement que le Mouvement Franche-Comté « ne peut que déplorer la forte progression du RN car son seul projet d’avenir pour l’Europe est de la faire revenir un siècle en arrière ! Sans oublier qu’il est le plus jacobin de tous nos partis politiques puisque le seul à avoir à son programme national la suppression de toutes les régions françaises pour ne garder que les communes et les départements ».
Le leader régionaliste précise toutefois « se féliciter du coup d’arrêt donné aux écologistes ». « Ce qui, au niveau local, signifie pour notre mairesse, Mme Vignot, une incontestable défaite ainsi qu’un rejet clair et net de l’idéologie «écolo-wokiste» qui inspire toutes ses actions, engagées, en plus, et pour la plupart d’entre elles, en plein déni de réalités ».
Et de conclure :
« Pour le Mouvement Franche-Comté dont l’objet est « La défense des intérêts de la Franche-Comté et de ses habitants en France et en Europe », les choses sont, à l’aune de cet objectif, parfaitement claires : si c’est pour ne pas avoir l’Europe, mieux vaut alors pour la Franche-Comté qu’elle devienne un état indépendant ou un canton suisse ».