Dortan. « Une horreur sans nom » : Les 82 ans du martyre commémorés

Mardi 21 juillet, une cérémonie réunissant plus d'une centaine de personnes a honoré les morts du massacre de Dortan, du 12 au 22 juillet 1944. Place de l'Hôtel de Ville puis au sein du parc du château, les Dortanais se sont souvenus des maquisards torturés et de la mise à feu par les troupes nazies.

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Le martyre de Dortan a été commémoré en présence de nombreux élus. Crédits photo : Emmanuel Perret.

« C’était un village paisible de 800 âmes, vivant au rythme des familles de tourneurs et de paysans. En représailles aux actions de la Résistance dans le Haut-Bugey, les troupes nazies ont déchainé leur fureur sur Dortan », a introduit Lionel Cornaton, maire de la commune martyre, lors de son discours place de l’Hôtel de Ville, mardi 21 juillet.

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Discours du maire Lionel Cornaton lors commémoration
Lionel Cornaton est maire de Dortan depuis mars dernier. Crédits photo : Emmanuel Perret.

Quelques minutes suivant l’interprétation de “Les loups sont entrés dans Dortan” par Manon Durafour, et 82 ans après le massacre, l’édile a raconté ces dix journées noires. « En se plongeant dans les archives, les sens se confondent. On ne distingue que les flammes qui dévorent notre mémoire. L’opération Treffenfeld a commencé le 12 juillet 1944 par des pillages, des viols et l’assassinat de sept civils, dont l’abbé Dubettier », a retracé Lionel Cornaton.

Manon Durafour chante lors de la cérémonie commémorative
Manon Durafour a interprété plusieurs chansons devant une foule d’une centaine de personnes. Crédits photo : Emmanuel Perret.
Lecture des noms des victimes pendant l’hommage
Les noms des personnes mortes pour la France ont été lues par deux jeunes de la commune et une élue. Crédits photo : Emmanuel Perret.

« Notre commune a payé le prix fort de la Liberté »

La sous-préfète de l’arrondissement, Karine Garcin-Escobar, a pris sa suite : « À Maissiat, 72 personnes ont été retenues en otage pendant dix jours. Puis, du 20 au 21 juillet, l’indicible se produit. Un camion arrive au château avec 15 hommes : des maquisards qui seront torturés. Leurs corps seront retrouvés mutilés, révélant une horreur sans nom ». Le lendemain, vers 7 heures du matin, les Allemands rassemblent les habitants au château et brûlent le village. « Une affiche apposée justifiera l’exemption du château par sa valeur culturelle. Cruel paradoxe alors que son parc venait d’être le lieu de l’un des crimes les plus odieux », a complété la sous-préfète.

Château de Dortan, lieu central du rassemblement commémoratif
La cérémonie s’est poursuivie au château de Dortan. Crédits photo : Emmanuel Perret.
Défilé de maquisards en tenue lors d’une commémoration
Un défilé a eu lieu jusqu’à la stèle des maquisards. Crédits photo : Emmanuel Perret.

Après sa première chanson, Manon Durafour a ensuite interprété “Göttingen” de Barbara, mettant en avant la réconciliation avec les Allemands. « Il est possible de construire un avenir commun sans oublier le passé », a-t-elle précisé. Cet avenir a commencé en novembre 1945, avec les premières constructions de la cité provisoire. Celle-ci sera inaugurée le 25 mai 1947 par le président de la République Vincent Auriol, mais il faudra dix ans en tout pour reconstruire la ville. « Notre commune a payé le prix fort de la Liberté. Le feu a tout consumé, sauf l’état d’esprit du village. Quelle plus belle victoire que de voir des enfants rires à l’endroit de ces crimes », a conclu le maire de Dortan.