« C’était un village paisible de 800 âmes, vivant au rythme des familles de tourneurs et de paysans. En représailles aux actions de la Résistance dans le Haut-Bugey, les troupes nazies ont déchainé leur fureur sur Dortan », a introduit Lionel Cornaton, maire de la commune martyre, lors de son discours place de l’Hôtel de Ville, mardi 21 juillet.

Quelques minutes suivant l’interprétation de “Les loups sont entrés dans Dortan” par Manon Durafour, et 82 ans après le massacre, l’édile a raconté ces dix journées noires. « En se plongeant dans les archives, les sens se confondent. On ne distingue que les flammes qui dévorent notre mémoire. L’opération Treffenfeld a commencé le 12 juillet 1944 par des pillages, des viols et l’assassinat de sept civils, dont l’abbé Dubettier », a retracé Lionel Cornaton.


« Notre commune a payé le prix fort de la Liberté »
La sous-préfète de l’arrondissement, Karine Garcin-Escobar, a pris sa suite : « À Maissiat, 72 personnes ont été retenues en otage pendant dix jours. Puis, du 20 au 21 juillet, l’indicible se produit. Un camion arrive au château avec 15 hommes : des maquisards qui seront torturés. Leurs corps seront retrouvés mutilés, révélant une horreur sans nom ». Le lendemain, vers 7 heures du matin, les Allemands rassemblent les habitants au château et brûlent le village. « Une affiche apposée justifiera l’exemption du château par sa valeur culturelle. Cruel paradoxe alors que son parc venait d’être le lieu de l’un des crimes les plus odieux », a complété la sous-préfète.


Après sa première chanson, Manon Durafour a ensuite interprété “Göttingen” de Barbara, mettant en avant la réconciliation avec les Allemands. « Il est possible de construire un avenir commun sans oublier le passé », a-t-elle précisé. Cet avenir a commencé en novembre 1945, avec les premières constructions de la cité provisoire. Celle-ci sera inaugurée le 25 mai 1947 par le président de la République Vincent Auriol, mais il faudra dix ans en tout pour reconstruire la ville. « Notre commune a payé le prix fort de la Liberté. Le feu a tout consumé, sauf l’état d’esprit du village. Quelle plus belle victoire que de voir des enfants rires à l’endroit de ces crimes », a conclu le maire de Dortan.



























