Champagnole. Derrière le peloton, l’autre course des arbitres

Souvent discrets, les arbitres sont pourtant au cœur de chaque épreuve cycliste. À Champagnole, Amandine Angonnet a dû gérer une soirée marquée par une chute et une neutralisation.

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grand prix cycliste lons le saunier
Chronométrage, classement, sécurité : une mission essentielle assurée par Amandine Angonnet.

Vendredi 12 juin au soir, avenue Édouard-Herriot, les coureurs défilent à toute vitesse sous les yeux du public, lors du Grand Prix cycliste de la municipalité. Au milieu de l’agitation, une voix égrène les numéros de dossard avec une précision impressionnante. Téléphone en main, regard fixé sur le peloton, Amandine Angonnet ne quitte jamais la course des yeux. À 20 ans passés, cette étudiante en économie occupe un rôle discret mais essentiel : celui d’arbitre. « On est là pour s’assurer de la régularité de l’épreuve, faire les classements et veiller au bon déroulement de la course », résume-t-elle.

Lorsque le peloton déboule en groupe compact, tout se joue en quelques secondes. « On est obligé d’aller très vite. Il faut vérifier que tout le monde est dans le bon tour et repérer les coureurs qui décrochent. » Un exercice qui demande de l’entraînement mais aussi une concentration permanente. Désormais, la vidéo complète son travail. « Filmer permet de vérifier les arrivées serrées et de classer chacun à sa juste place. »

Arbitre régionale depuis trois ans, la jeune femme a découvert cette fonction grâce à sa passion pour le vélo. Un engagement qui l’amène à parcourir la Franche-Comté chaque week-end ou presque. « On est arbitre avant tout parce qu’on aime ce sport. »

Une course bouleversée par une chute

Ce soir-là, pourtant, le scénario ne se déroule pas comme prévu. Une chute oblige les officiels à interrompre l’épreuve. Dès les premières alertes transmises par les coureurs, les secours sont envoyés sur place. « On ne pouvait plus laisser passer le peloton. C’était devenu trop dangereux. »

Une fois la situation sécurisée, il faut encore adapter l’épreuve. Le nombre de tours est réduit afin d’éviter une arrivée à la nuit tombante. « Déjà pour les coureurs, mais aussi pour nous. Sans lumière suffisante, faire un classement devient impossible. » Une décision prise en concertation avec l’organisation afin de préserver l’équité sportive tout en garantissant la sécurité de chacun.

Malgré ces moments de tension, Amandine Angonnet conserve intacte sa motivation. Elle regrette même le manque de relève dans l’arbitrage. « Des arbitres, il y en a de moins en moins. J’encourage ceux qui aiment le vélo à venir. Il n’y a pas beaucoup de femmes arbitres et c’est quelque chose qu’on aimerait développer. » Au bord de la route, loin des podiums, elle participe pleinement à la réussite des courses. Une autre façon de faire vivre le cyclisme.

Arrivée d’une course cycliste en ville, Champagnole
Après l’évacuation des blessés, les coureurs ont pu reprendre la compétition.

Le podium malgré une soirée mouvementée

Malgré l’interruption de la course à la suite d’une chute et l’adaptation du nombre de tours, le Grand Prix cycliste de la Municipalité a pu aller à son terme. Au terme de l’épreuve, William Millat (VC Villefranche Beaujolais) a levé les bras sur l’avenue Édouard-Herriot. Il devance Tom Darmigny (Étupes) et Mathias Chauvin (Jura Cyclisme). À domicile, David Girardon a, quant à lui, signé une belle performance en terminant au pied du podium.