Vous présidez le SIDEC depuis quelques mois. Quel premier bilan en tirez-vous ?
C’est passionnant ! Ce qui me plaît, c’est la technicité de ce qui s’y fait. Le SIDEC a vraiment sa place dans le paysage, en tant que syndicat dirigé par les communes, pour le compte des communes. Ce sont les élus qui prennent toutes les décisions. C’est vraiment l’outil des communes.
La Chambre régionale des comptes a récemment pointé plusieurs aspects de la gestion du SIDEC, notamment les 150 000 euros liés à son anniversaire. Que lui répondez-vous ?
Ce contrôle est positif. Les comptes sont bien tenus, même si des améliorations sont nécessaires, notamment sur la comptabilité analytique. Concernant les 150 000 euros, il y avait beaucoup d’autres choses sous cette appellation : des ateliers dans les territoires, des films que nous utilisons encore, du matériel de communication. On a tout mis sous le même compte. Ce n’était pas uniquement une manifestation anniversaire.
Les restrictions budgétaires des collectivités risquent-elles de fragiliser votre activité ?
Si les communes investissent moins, nous aurons moins de travail en ingénierie publique. En revanche, sur l’informatique, avec la cybersécurité et l’intelligence artificielle, nous n’aurons pas de baisse d’activité. Le maître mot, c’est la mutualisation. On arrive à offrir aux petites communes des services qu’elles ne pourraient pas se payer toutes seules.
Le réseau électrique jurassien est vieillissant. Faut-il s’inquiéter de son état ?
Nous investissons en continu. Le SIDEC doit réaliser environ 10 millions d’euros de travaux par an. Enedis est passé de 11 à 15 millions d’euros dans son programme d’investissement 2026-2030. Nous avons des indicateurs pour suivre l’état du réseau. Aujourd’hui, le sujet majeur sur les pannes, ce sont les chutes d’arbres, notamment les épicéas et les frênes qui meurent. On ne peut pas tout enfouir, parce que cela coûte cher. Mais la sécurisation des réseaux fait partie de nos objectifs.
Quels sont les principaux projets du SIDEC en matière de transition énergétique ?
Nous avons créé la SPL Jura Chaleur Renouvelable pour développer des réseaux de chaleur dans les petites communes. Le premier, à Mouchard, fonctionne très bien. Salins-les-Bains vient d’adhérer et les travaux sont en cours à Septmoncel. Nous avons aussi une bonne vingtaine de projets de production d’électricité renouvelable en développement. Notre objectif n’est pas d’optimiser financièrement les projets. On optimise au niveau de l’acceptabilité et de l’intérêt du territoire.
Les communes cherchent aussi à réduire leurs factures d’électricité. Comment les accompagnez-vous ?
Nous avons constitué un groupement d’achat régional avec les huit syndicats d’énergie. Sur l’éclairage public, nous encourageons le passage aux LED, avec des lampes de 30 watts contre 150 auparavant. Nous préparons aussi la seconde version d’e-lum®, pour améliorer la maintenance. Aujourd’hui, le service concerne 30 000 points lumineux dans 125 communes. Avec les armoires connectées, les maires pourront piloter l’éclairage depuis leur smartphone.
Le numérique constitue votre troisième compétence. Quels sont les prochains défis ?
Nous avons développé GeoJura, qui permet aux communes de répertorier leurs équipements et leurs réseaux. Nous travaillons aussi avec l’État sur une suite numérique pour renforcer la cybersécurité et proposer des espaces de travail sécurisés. Il faudra également remplacer les outils métiers et accompagner les communes dans ces changements. C’est passionnant parce que cela touche beaucoup de domaines. Le SIDEC reste un outil public à disposition des collectivités.























