« Au moment d’Octobre Rose, il y a une multitude de manifestations et le constat que l’on fait, c’est que, malheureusement, on oublie l’objectif premier. Or, l’objectif premier, c’est la promotion, notamment, du dépistage du cancer du sein », rappelle Gérard Guillemaud. Mais pour le président départemental de la Ligue contre le cancer, le mois d’octobre doit aussi permettre de parler des autres dépistages. « On ne va pas dire à cette population féminine : on va vous parler du dépistage du cancer du sein, mais pour le colorectal, vous reviendrez au mois de mars. Pour nous, l’important, c’est d’en profiter pour faire la promotion de tous les dépistages. »
Un enjeu important alors que, selon les chiffres avancés lors de l’intervention, près de 40 % des femmes invitées à réaliser une mammographie ne répondent pas à cette invitation. Pour le dépistage du cancer colorectal, qui concerne les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, la participation reste également insuffisante.
Aller chercher ceux qui ne se dépistent pas
La Ligue contre le cancer souhaite donc multiplier les occasions d’échanger directement avec la population. « Pour nous, ce sont des moments très importants où l’on tente d’aller à la rencontre de la population et, encore une fois, d’être à l’écoute des freins », explique Gérard Guillemaud. Peur, manque d’information, gêne ou mauvaise compréhension des dispositifs : autant d’obstacles qui peuvent retarder une démarche pourtant essentielle.
« Le dépistage permet de détecter la maladie à un stade précoce, et plus la maladie est détectée précocement, meilleures sont les chances de guérison », souligne-t-il. Il cite notamment le témoignage d’une femme rencontrée lors d’une action sur le cancer colorectal, dont le dépistage avait permis de détecter puis retirer un polype cancéreux avant qu’une prise en charge plus lourde ne soit nécessaire.
Cette sensibilisation passe également par la prévention. « Environ 40 % des cancers sont évitables, car il y a le mode de vie et les comportements », rappelle Gérard Guillemaud, en s’appuyant sur les chiffres évoqués par l’Institut national du cancer et l’Organisation mondiale de la santé.
L’alimentation au cœur de la prévention
C’est précisément le sujet choisi par le docteur Schwetterlé pour la conférence du 5 octobre : alimentation et cancer. Le médecin souhaite notamment « analyser les aliments dont on a besoin. On nous offre une alimentation d’envie, alléchante, facile, accessible », explique-t-il. À ses yeux, la prévention passe aussi par des changements très concrets dans le quotidien, de l’alimentation à l’activité physique.
Avec Octobre Rose, la Ligue entend donc faire passer un message qui dépasse largement le seul mois d’octobre : dépister plus tôt, mieux comprendre les freins et agir, autant que possible, sur les facteurs de risque.


























