Économie. 28 700 emplois dans la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté

L’économie régionale est plus dépendante de l’automobile que partout ailleurs en France. Une situation qui impose aux entreprises de la filière une recherche plus importante de diversification, comme en atteste l'INSEE dans sa nouvelle étude.

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La filière automobile employait fin 2018, 44 700 salariés, soit 4,9% de l’emploi régional.

Les trois quarts des emplois des établissements de la filière participent à la conception, la fabrication, la transformation ou le recyclage des véhicules routiers. Selon l’INSEE, 28 700 salariés travaillent effectivement pour la filière sur les 38 100 salariés des 429 établissements appartenant à 362 entreprises, soit une proportion de 75 %, supérieure de cinq points à la moyenne nationale.

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Les emplois dédiés à l’automobile dans la région représentent 2,9 % de l’emploi régional, la part la plus élevée de toutes les régions françaises (contre 1,2 % en moyenne nationale). Plus significatif encore, les activités de la filière génèrent 2,5 milliards d’euros de richesse, soit 3 % de la richesse régionale, contre 1,1 % en France. Un poids nettement supérieur à celui de la filière vitivinicole, autre activité emblématique de la région, qui n’emploie que 1,8 % des salariés.

Une filière historique confrontée à de nouveaux défis

La filière automobile est présente sur l’ensemble de la région. Toutefois, l’activité est particulièrement concentrée dans le Nord Franche-Comté et autour de Besançon. Le département du Doubs regroupe près de la moitié des salariés de la filière (48 %) et plus du tiers des établissements (37 %). Il génère à lui seul 55 % de la valeur ajoutée.

Cette concentration est le fruit d’une longue histoire industrielle autour de Peugeot, désormais intégré au groupe Stellantis. Les établissements dépendant du constructeur assurent plus du quart de l’emploi dédié à l’automobile, notamment autour du pôle historique de Sochaux. La filière régionale s’appuie également sur un important réseau d’équipementiers, comme Forvia, dont la quasi-totalité des effectifs est dédiée à l’automobile. Une particularité relevée par l’INSEE : ces équipementiers sont majoritairement contrôlés par un actionnariat français.

La métallurgie représente 34 % des établissements de la filière et 20 % des emplois dédiés à l’automobile (contre respectivement 17 % et 11 % au niveau national). Par ailleurs, 90 % de ces emplois relèvent d’entreprises régionales, souvent de taille modeste, qui emploient en moyenne 40 salariés, soit deux fois moins que dans l’ensemble de l’industrie.

La sous-traitance, une place essentielle

À l’inverse, les activités tertiaires, comme l’ingénierie, le commerce ou l’informatique, sont moins représentées dans la région. L’INSEE souligne toutefois que les établissements présents y sont fortement spécialisés, avec près des trois quarts de leurs effectifs dédiés à l’automobile.

Enfin, la sous-traitance occupe une place essentielle. Elle intervient à toutes les étapes de la production, de la recherche et développement à l’assemblage. Si un tiers des établissements sont des donneurs d’ordre, 71 % des entreprises de fabrication automobile de la région font appel à la sous-traitance, contre 49 % en moyenne dans les autres régions françaises.

Face aux crises du commerce mondial, au développement des véhicules électriques, hybrides et à hydrogène, ainsi qu’à la montée du numérique, les entreprises sont contraintes de diversifier leurs activités. Cette évolution s’oriente notamment vers les secteurs de l’énergie et de l’aéronautique. Un quart des entreprises de la filière développe déjà des véhicules électriques, hybrides ou à hydrogène, même si ce marché, encore en croissance, reste confronté à une forte concurrence, notamment chinoise.