
Un an après la mise en alerte, le barrage de Coiselet sort de la crise. « On va retourner à une situation normale dans les prochaines heures », annonce le préfet du Jura, Pierre-Edouard Colliex, entouré d’élus, de techniciens d’EDF et d’acteurs locaux. Sur place, le ton est à la fois solennel et soulagé. Derrière ce retour à la normale, c’est une gestion d’urgence menée en quelques mois.
Tout remonte au 21 mai 2025. Une étude décennale révèle « un risque important de glissement de terrain » au-dessus de la retenue. La menace est prise au sérieux. Deux jours plus tard, un arrêté impose l’abaissement du niveau du lac de quatre mètres. « La seule décision possible pour garantir la sécurité », insiste le représentant de l’État. La mesure, rapide, bouscule les usages en pleine saison touristique.
Pourtant, la réaction collective est immédiate. Les élus relaient l’information, les habitants s’adaptent, les pêcheurs se mobilisent pour sauver les alevins. « Tout le monde a fait preuve d’une grande responsabilité », souligne le préfet.

Des travaux menés en un temps record
Dès l’automne, les études débouchent sur un chantier d’ampleur. EDF opte pour un confortement du massif rocheux. « L’objectif était d’éradiquer durablement le risque », explique Alexis Sicard. Concrètement, 42 pieux métalliques de 13 mètres sont ancrés dans la roche, acheminés par hélicoptère.
Le chantier est bouclé en moins de deux mois. « Une vraie réussite, sans accident et dans les délais », se félicite-t-il. Cette option est préférée à d’autres scénarios plus impactants. « C’était le meilleur compromis entre efficacité, rapidité et respect de l’environnement ».
Parallèlement, la remontée du niveau d’eau est conduite avec précaution. Un rythme de « trois centimètres par heure » est adopté pour préserver la biodiversité. « On a travaillé avec les acteurs locaux pour limiter les impacts », précise EDF.

Un territoire marqué mais mobilisé
Au-delà de la technique, l’épisode a marqué le territoire. Campings, pêcheurs et acteurs touristiques ont subi les conséquences. « C’était impressionnant de voir la vallée transformée », confie la députée Danielle Brulebois. Mais tous saluent la gestion collective.
Les maires, en première ligne, ont joué un rôle clé. « Ils ont su expliquer, rassurer et faire accepter les contraintes », affirme Marie-Christine Dalloz. Associations et pêcheurs ont aussi été mobilisés pour préserver le milieu aquatique.
Aujourd’hui, le barrage affiche un niveau proche de la normale. La pêche rouvre et les restrictions sont levées. Reste à mesurer les impacts à long terme, mais tous s’accordent : cette crise a montré qu’une coordination rapide est possible.






















