Haut-Bugey. « Considérer le tourisme comme une vraie économie » : au Plateau d’Hauteville, Damien Abad prône le tourisme 4 saisons

Nouvel office de tourisme, Boostcenter, camping des 12 cols, casino, station de Terre-ronde et refuge insolite du Haut-Bugey... Ce mercredi 22 avril, Damien Abad, accompagné du président d'Ain Tourisme, a effectué une de ses premières visites pour mettre en avant le tourisme quatre saisons et débloquer certains dossiers.

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Avec Philippe Emin, maire de Plateau d'Hauteville, Christophe Lavaut, président d'Ain Tourisme et Lionel Cornaton, vice-président d'HBA en charge du tourisme, Damien Abad a mis en avant le tourisme quatre saisons.

Dans des locaux flambants neufs, au nouvel office de tourisme du Haut-Bugey, Damien Abad a présenté sa feuille de route touristique pour une de ses premières visites officielles mercredi 22 avril. Le nouveau président de l’agglomération a choisi le Plateau d’Hauteville comme un symbole, la commune étant la plus touristique de tout le Haut-Bugey. L’ancien député est conscient du chemin qu’il reste à parcourir, mais voit déjà des évolutions positives sur les dernières années : « On n’est pas une marque installée comme le Jura, Lyon ou la Haute-Savoie. Le département de l’Ain est à l’origine exclusivement industriel et agricole, cela fait quelques années qu’il considère le tourisme comme une économie à part entière. Ces trois dernières années, l’augmentation des taxes de séjour a bondi de 194 % ». Même si, dans ce chiffre, les locations Airbnb sont comprises, cela caractérise la hausse des nuitées dans la région, avec 40 000 nuitées sur la seule commune du Plateau d’Hauteville.

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Le nouvel office de tourisme au Plateau d’Hauteville a service de cadre pour le début de la rencontre.

52 millions d’euros de retombées économiques

En 2024, les retombées touristiques ont été de 52 millions d’euros sur le Haut-Bugey, entretenant ainsi 800 à 900 emplois directs ou indirects. Le nouveau vice-président chargé du tourisme, Lionel Cornaton, doit transformer l’essai, en investissant et en liant les acteurs. « L’enjeu, c’est de passer du tourisme journalier au plus long terme, en investissant dans le contenu des structures déjà existantes », explique Damien Abad. Une de ces structures est notamment le complexe sportif Boost Center. Situé également dans le canton d’Hauteville-Lompnes, le centre a réussi la prouesse de revenir à son chiffre d’affaires de 2019, après avoir perdu le partenariat avec l’Olympique Lyonnais, qui constituait 40 % de son chiffre à cette époque. Propriété de l’agglomération, le centre développe notamment cette année l’activité de sport-santé, avec « le recrutement d’un enseignant APA en janvier et un objectif de 100 bénéficiaires d’ici juin », rappelle Marlène Petit, en charge du projet. Néanmoins, pour attirer des équipes professionnelles de premier plan, véritable vitrine de Boost Center, le centre a une importante problématique d’hébergement. « On a eu beaucoup de demande pour des stages de cohésion, de la part du Stade Français l’année dernière et de Vannes cette année, en rugby. On a dû les refuser, ce qui est rageant. Je joue un peu au Tetris pour les loger », témoigne David Muller, le directeur.

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Marlène Petit est revenue sur les activités sport-santé mises en place par Boost Center.

« Il faut que l’US Oyonnax soit le club du Haut-Bugey »

Pour aborder cette thématique d’hébergement, la visite s’est poursuivi au camping des 12 cols, le deuxième plus important du Haut-Bugey. Celui-ci dispose de 90 emplacements, dont 13 locatifs, avec une offre variée de cabane, chalet, mobil-home… En visitant l’un d’eux, Gaëlle Murgue, la directrice, est revenue sur sa clientèle, qui vient surtout chez elle pour le dépaysement et la nature. « On a plus de 500 bosquets, les clients se retrouvent comme dans leur jardin. On a beaucoup de cycliste ou de randonneurs, avec 60 % de français et 40 % d’étrangers, surtout des Hollandais et des Allemands », indique-t-elle.

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Damien Abad et Lionel Cornaton sont passés par le camping des 12 cols, qui a un taux d’occupation de 85 % l’été.

En redescendant en ville, la délégation a pu ensuite visiter un autre établissement qui se fait rare dans le coin : le casino. « On est le seul », assure le directeur Philippe Vantard, dont le casino appartient au groupe Ramous, également propriétaire de celui de Salins-lès-Bains. « Les difficultés économiques, on ne les sent pas. On a une clientèle de vacanciers et d’habitués, 50 000 par an, qui viennent d’Oyonnax, Bourg-en-Bresse ou Lyon, pour un peu plus de discrétion », indique-t-il. Seul point noir au tableau : la fin du partenariat avec l’US Oyonnax. Damien Abad aimerait travailler à le reconstruire : « C’est le seul club à ce niveau là dans l’agglomération. Il faut que ce soit une vitrine qui irrigue, que ce soit le club du Haut-Bugey, pas seulement d’Oyonnax ».

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Philippe Vantard a présenté le restaurant du casino d’Hauteville.

3 millions d’euros investis pour la luge d’été à la Praille

Mais la thématique du jour était avant tout le tourisme quatre saisons. « Il va falloir se regénérer, avec le changement climatique », explique Philippe Emin, maire de la commune d’accueil et organisateur de la visite. Pour développer ce tourisme continu sur l’année, l’investissement principal annoncé est celui de la luge d’été à la station de la Praille. Le domaine nordique, qui propose des pistes de luge d’hiver, de ski de fond et de ski alpin, développe ses activités estivales, avec de l’accrobranche et un terrain de foot-golf, récemment visité par l’équipe de France.

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Le domaine de la Praille propose des pistes de luge d’hiver, de ski de fond et de ski alpin.

Et, d’ici Noël, deux nouvelles pistes de luges verront le jour, pour un investissement de 3 millions d’euros. « On a prévu une ouverture sur 190 jours dans l’année, avec une possibilité de nocturnes grâce à un éclairage. Des sites similaires tournent entre 70 000 et 80 000 visiteurs, nous, on planche sur 22 000 à 40 000 pour la première année », indique Benjamin Dessales, exploitant de la station. 135 luges sont prévues, qui circuleront sur des pistes inédites dans les Alpes françaises. « Ça fera 736 m de descente, c’est-à-dire 2 à 2 minutes 30, pour 5 minutes de montée. Les tarifs seront situés autour de 7 à 8 euros ».

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Une vidéo de l’équipement de luge d’été prévu a été présentée à la délégation.

Pour clore cette matinée mouvementée dans l’apaisement, Damien Abad et le président d’Ain Tourisme Christophe Lavaut se sont rendus au refuge insolite du Haut-Bugey. Le parc résidentiel propose plusieurs hébergements en cabane et yourte dans un lieu hybride. « La partie bien-être – avec massage, bain nordique et spa – attire beaucoup de monde », explique la co-directrice Marion Serpinet, qui anime des séances de détente autour de bols tibétains. « On essaie de développer les séminaires professionnels et on accueille une clientèle très diverse : couple, solo, famille, amis… », complète le co-directeur Maxime Effrancey.

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Une salle de relaxation peut accueillir 40 personnes au refuge insolite du Haut-Bugey.
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Le directeur Maxime Effrancey a présenté ses problématiques à l’équipe d’Haut-Bugey Agglomération.

Mais, pour continuer à se développer, le couple a besoin d’espace : un enjeu d’aménagement du territoire décisif et qui prend du temps. « On a vu notre zone un peu rognée dans le plan d’aménagement. Cela limite nos possibilités, alors qu’on ne fait pas de l’urbanisation, ce sont des cabanes, il n’y a pas de cimenterie », a expliqué le co-directeur. Une problématique que Philippe Emin va essayer d’élucider, tout comme Damien Abad, avec des compétences plus larges. Le nouveau président de l’agglomération a déjà lancé sa politique touristique et se veut ambitieux. « Il y a des liens à créer avec le Jura et le Bugey Sud, on va se doter de nouveaux outils juridiques », conclut-il.