Prémanon. Le snowfarming, cette technique qui prépare déjà l’hiver

À Prémanon, la saison hivernale est terminée depuis plusieurs semaines. Pourtant, plusieurs milliers de mètres cubes de neige sont déjà stockés sur le stade nordique des Tuffes pour préparer l’hiver prochain grâce à une technique venue de Scandinavie : le snowfarming.

0
57
Stockage de neige à Prémanon dans le Jura
Aux Tuffes, sous le tas de sciure et de copeaux de bois, se cache la neige du début d'hiver prochain.

Les skis de fond ont regagné les garages et les combinaisons de compétition ont été remisées pour quelques mois. Si les fondeurs profitent désormais de l’intersaison, les équipes du stade nordique des Tuffes, à Prémanon, ont déjà les yeux tournés vers l’hiver prochain.

Car la neige de la saison 2026-2027 est, en partie, déjà sur place. Derrière cette apparente prouesse ne se cache aucun miracle, mais une technique éprouvée depuis plusieurs années dans les pays scandinaves : le snowfarming, ou stockage de neige.

Le principe est simple. À la fin de l’hiver, la neige naturelle et de culture restante est regroupée en un important tas, puis recouverte d’une épaisse couche isolante composée de copeaux de bois et de sciure, généralement comprise entre 30 et 50 centimètres. Cette couverture limite fortement la fonte durant les mois les plus chauds. Développée dans les pays nordiques, cette méthode s’est progressivement imposée dans plusieurs massifs européens, notamment en Suisse, en Allemagne, en Italie et en France.

Préparer l’hiver dès le printemps

Au Centre national de ski nordique et de moyenne montagne (CNSNMM), cette opération est désormais bien rodée. Chaque année, à la fin du mois de mars, les équipes techniques procèdent au rassemblement de la neige afin de constituer un stock destiné à être réutilisé dès l’automne suivant.

À l’approche de la nouvelle saison, généralement en octobre ou novembre, les techniciens retirent les copeaux et la sciure avant d’étaler la neige conservée sur le stade nordique des Tuffes. Cette réserve permet alors d’aménager une boucle de trois à cinq kilomètres destinée aux athlètes de haut niveau, notamment aux équipes de France, mais également aux clubs locaux et aux sportifs suisses voisins.

L’intérêt de la méthode est démontré par son efficacité. Malgré plusieurs mois de stockage, les pertes sont généralement limitées à 20 à 25 % du volume initial, un résultat jugé très satisfaisant par les spécialistes.

Dans un contexte de réchauffement climatique et d’enneigement de plus en plus incertain en début de saison, le snowfarming apparaît aujourd’hui comme un outil précieux pour garantir l’ouverture précoce des pistes et maintenir les conditions d’entraînement nécessaires aux sportifs.