Les traditions culinaires de Noël dans le monde

Noël, et plus largement les fêtes de fin d’année, sont autant d’occasions de savourer des mets bien spécifiques, que l’on ne mange qu’à ces moments bien précis. Entre traditions et gourmandises, les tables se parent des plats les plus typiques, les plus savoureux et, bien souvent, les plus riches.

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Le christmas pudding est très apprécié en Angleterre

Il est de coutume, en France, de farcir une dinde aux marrons ou de se régaler de foie gras lors des agapes de Noël. Certains ne rechignent pas de déguster quelques escargots bien beurrés ou des huîtres à la saveur de noisette iodée. Ces grands classiques se retrouvent sur de très nombreuses tables de l’Hexagone, même si parfois, certaines personnes cassent les codes et n’hésitent pas à se faire une raclette de Noël ! Mais ces entorses à la règle restent rares et les ventes de chapons, châtaignes et autres fruits de mer explosent lors de la dernière quinzaine de décembre. Ces traditions sont toutefois bien françaises et, de par les mondes, les cuisines chauffent pour la préparation de plats tout à fait spécifiques.

Au Brésil, la dine se cuisine avec de l’ananas (Peru de Natal)

Partons au Québec. Dans ces contrées froides et enneigées, il est bien naturel de se réchauffer avec une préparation bien copieuse : la tourtière. Cette tourte à la viande se décline au poulet, au bœuf ou au porc. « J’en ai mangé une fois déjà, témoigne Benjamin Rota, un franc-comtois parti vivre à Montréal il y a quelques années. C’est excellent mais bien rassasiant. Tu en prends une part et tu n’y reviens pas ! »

Que serait l’Angleterre sans son traditionnel pudding ? Le Christmas Pudding ne déroge pas à la règle et est traditionnellement composé de fruits secs et confits, de noix, de sucre noir et pour encore plus de parfum, il peut être arrosé de jus d’orange ou d’alcool. Pour célébrer l’année à venir, une pièce est glissée dans l’un d’eux, qui apportera richesse au chanceux qui la découvrira.

Envolons-nous vers l’Ukraine et ses varenyky (ou vareniki). Ces raviolis de forme circulaire sont emblématiques du pays et peuvent être farcis avec des préparations sucrées ou salées, au choix. Ils sont consommés lors du réveillon de Noël (en ukrainien : Sviata Vecheriai) et plus largement au cours de célébrations traditionnelles. Ils sont tellement populaires en Ukraine que chaque année, un festival annuel se tient en leur honneur dans la station de ski ukrainienne de Bukovel, dans les Carpates.

Faisons à présent un petit exercice de prononciation avec ce plat islandais : le hangikjöt (han-ki-kieute). Ce plat est préparé avec de la viande fumée ou du mouton et servi avec des pommes de terre généreusement arrosées de sauce béchamel et des petits pois.

Au Japon, Noël n’est pas fêté comme en Occident. Il s’agit d’avantage d’une fête d’amoureux, durant laquelle les couples se partagent un gâteau gourmand, ressemblant à un fraisier garni de crème chantilly : le Kurisumasu keeki. Cette pâtisserie ne peut se déguster qu’à deux et a été spécifiquement créée pour l’occasion.

Le Portugal est bien souvent associé à la morue. Il est donc logique qu’à Noël, ce poisson soit à l’honneur. Mais pas n’importe comment : il est préparé en Bacalhau cozido. La morue est alors bouillie et accompagnée de choux et de pommes de terre, de pois chiches, d’oignons, de persil. Nota : rappelons ici que la morue est tout simplement du cabillaud séché, très salé.

Partons un peu plus au Nord, en Allemagne. Nos voisins raffolent de mets épicés et nous le prouvent une fois de plus avec leurs Pfeffernüsse. Comme leur nom l’indique, il s’agit de biscuits…au poivre ! Bien relevés, ces petits biscuits sont très prisés durant les fêtes de fin d’année, où ils sont traditionnellement servis.

La cannelle est l’une des saveurs les plus spécifiques de Noël. En Allemagne, on lui préfère le poivre !

Terminons ce voyage culinaire aux Philippines où est servi le Puto bumbóng. Il s’agit d’un gâteau confectionné avec du riz violet, voire noir, et cuit à la vapeur dans des tubes de bambous. Il est couramment servi comme collation et petit-déjeuner durant la période de Noël, fête très importante pour les Philippins, majoritairement catholiques.

 

Une tradition bien française : les treize desserts

En Provence, il est de coutume de servir treize desserts à l’issue du réveillon de Noël (pourtant déjà bien copieux). Cette tradition remonterait au 17e siècle, où elle a été mentionnée pour la première fois par François Marchetti, curé de paroisse d’un quartier de Marseille. Toutefois, ces écrits ne précisent pas combien il y en a. Ce n’est qu’en 1925 que le nombre est mentionné. Si vous voulez vous mettre à l’heure provençale, voici la liste officielle de ces treize desserts : noix, figues séchées, raisins secs, nougats noirs, blancs et roses, calissons, pâte de coings, fruits confits divers, pompe à huile (ou fougasse), agrumes (oranges, clémentines, mandarines), dattes et melon vert.

Marie Rousselet