Le sport nous sauvera

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Gérard Bouvier.

 

Ce fut un été difficile. La canicule… la sécheresse… les incendies. On répétait à l’envi dans les micros-trottoirs de nos JT « qu’il faisait chaud et que c’était pénible ». Et aussi « qu’heureusement qu’on avait des pompiers courageux pour éteindre l’incendie juste à quelques mètres de la maison ». L’occasion de « reportages » à peu de frais et beaucoup de chaud. Un pied à l’étrier pour de jeunes journalistes en apprentissage de leur futur métier.

Leurs récits colorés et transpirants nous menaient à 20h20, l’heure de l’Ukraine. Et comme chacun attendait la météo pour se faire confirmer que demain serait -comme tous les jours- la journée la plus chaude de la semaine, il ne restait plus guère de temps d’antenne pour nos polémiques sur le port de la cravate à l’Assemblée. Et pour la page des sports.

Une impression de jamais vu qui s’estompera au temps des papillotes quand l’hiver le plus chaud du siècle sera venu.

Une ambiance de catastrophe autoentretenue par l’indifférence générale. Qu’en restera-t-il dans nos mémoires dans 10 ans ?

Tu te souviens de l’été 2022, Noa ? Nous disions que nous avions trop chaud ! Pourtant le thermomètre dépassait rarement 40. En tout cas jamais la nuit. Et les gens sortaient encore dans la rue. On buvait de l’eau quand on avait soif et les douches n’étaient pas rationnées avec un code pour débloquer l’arrivée d’eau.
Et pourtant au lieu de jouir des dernières fraîcheurs du siècle on se plaignait… C’est seulement quand les Jeux de Paris ont été annulés et que le Tour de France a été différé en novembre avec un parcours entre Oslo et Helsinki qu’on a vraiment pris conscience qu’il fallait tous s’y mettre…

Il était temps.