Dole. De Dole à Seattle, au rythme de la trompette de Michel Jacquot

Invité pour la deuxième année consécutive à la conférence de l'International Trumpet Guild puis au plus grand festival américain de fanfares de rue, Michel Jacquot, professeur au Conservatoire du Grand Dole, revient d'un séjour placé sous le signe des échanges artistiques et pédagogiques.

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Michel Jacquot trompette Dole
Le trompettiste Michel Jacquot a représenté la France lors de plusieurs rendez-vous musicaux aux États-Unis.

À peine un an après son arrivée au Conservatoire du Grand Dole, Michel Jacquot porte déjà les couleurs de l’établissement bien au-delà des frontières françaises. Originaire de Chalon-sur-Saône, il découvre la trompette à l’âge de 7 ans. Bien qu’il ne soit pas issu d’une famille de musiciens, sa passion ne le quitte plus. Après une première formation en Bourgogne, il poursuit son perfectionnement en région parisienne avant d’intégrer le Pôle d’enseignement supérieur de Bordeaux. Il y obtient notamment son diplôme d’État de professeur, une licence de musicologie ainsi qu’une licence d’artiste interprète. Sa carrière débute ensuite au sein de la Musique de l’Air, à Bordeaux, avant de prendre un tournant international.

Pendant deux ans, Michel Jacquot est trompette solo à l’Opéra national de Turquie. Il se produit aussi bien à Istanbul qu’à Samsun dans des opéras, des ballets et des concerts symphoniques. Il devient alors le premier Français à intégrer cette institution sur un tel poste. Cette expérience lui permet de se faire connaître à l’international et lui ouvre les portes de l’International Trumpet Guild, l’un des plus grands rendez-vous mondiaux consacrés à la trompette.

Invité pour la deuxième année consécutive, il participe cette année à la 50e édition, organisée à l’université de Rochester, dans l’État de New York. Pendant une semaine, concerts, conférences, masterclasses, démonstrations et rencontres réunissent des musiciens venus du monde entier. Représentant européen de la marque américaine Bach, Michel Jacquot y prend notamment part au concert d’ouverture, marqué par la création d’une œuvre inédite. “C’est aussi l’occasion de représenter l’école française, qui reste très réputée dans le monde de la musique”, souligne-t-il.

Une expérience américaine tournée vers la transmission

Dans la continuité de cette conférence, le musicien poursuit son séjour à Seattle. Sollicité par une agence française, il y développe un projet pédagogique baptisé « French Honk! », imaginé autour du Honk! Fest West, le plus grand festival de fanfares de rue des États-Unis. Avec le groupe Neon Brass Party, il participe aux concerts avant d’intervenir dans plusieurs écoles françaises et américaines de l’État de Washington.

L’objectif est de faire découvrir la trompette et une autre manière de pratiquer la musique d’ensemble. “L’idée était de présenter la fanfare, la musique en marchant, en dansant, et montrer que la musique classique n’est pas réservée à une élite”, explique-t-il. À travers ateliers et démonstrations, il présente également la tradition française des orchestres d’harmonie face à la culture américaine des marching bands.

Changer le regard sur le conservatoire

De retour à Dole, Michel Jacquot souhaite désormais mettre cette expérience au service de ses élèves. Selon lui, chaque pays possède sa propre approche de la pédagogie musicale. “Il y a toujours quelque chose à apprendre chez les autres”, estime-t-il. Sans bouleverser les méthodes françaises, il entend transmettre cette ouverture culturelle et artistique à ses élèves, afin de nourrir leur curiosité et leur envie de progresser.

Le professeur espère également contribuer à faire évoluer l’image des conservatoires. Seul établissement à rayonnement départemental du Jura, le Conservatoire du Grand Dole accueille des élèves de tous horizons, en musique classique comme en musiques actuelles ou assistées par ordinateur. “Tout le monde peut y trouver sa place, quel que soit son niveau ou son projet”, insiste-t-il. Une conviction que son parcours international ne fait que renforcer, tout comme la volonté de montrer qu’un établissement jurassien peut pleinement s’inscrire dans les échanges artistiques et pédagogiques à l’échelle mondiale.