Bresse Louhannaise. Santé, faune, biodiversité : quels sont les impacts du dragage de la Seille reconduit pour dix ans ?

La Seille a été rendue navigable sur 39 kilomètres, de Louhans à La Truchère, sa confluence avec la Saône. Afin de maintenir cette navigation de plaisance, un plan de dragage doit être reconduit jusqu'à 2036 pour Voies Navigables de France. Plusieurs impacts ont été pointés par des organismes dans le cadre du renouvellement de ce plan.

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Le plan de dragage de la Seille de Voies Navigables de France doit être reconduit jusqu'en 2036.

La Seille, longue de 100,51 km, naît à Ladoye-sur-Seille, dans le Jura, et parcourt une centaine de kilomètres avant de se jeter dans la Saône. À partir de Louhans et jusqu’à cette confluence, la Seille est navigable, grâce à l’entretien du chenal réalisé par Voies Navigables de France.

Concept Paysage Du Revermont Lons-le-Saunier

L’organisme, qui drague les sédiments (dépôts au fond de la rivière) afin de maintenir un mouillage suffisant pour les bateaux, doit renouveler son plan de gestion pluriannuel pour la période 2026-2036. Dans celui-ci, le mouillage doit passer de 1,50 m à 1,60 m pour les navires. Une réunion publique avait lieu à la Maison du temps libre de Cuisery, mercredi 8 juillet, dans le cadre d’une consultation du public qui a pris fin lundi 20 juillet. Une étude d’impact a été réalisée et plusieurs effets potentiels ont été pointés du doigt par différents organismes.

Tout d’abord, l’Office français de la biodiversité craint un impact sur les milieux naturels d’espèces protégées, notamment le Castor, la Cordulie à corps fin et la Mulette épaisse. « Les habitats pourraient être altérés en cas de dépôts des sédiments à proximité des berges », indique Renaud Millard. Voies Navigables de France a répondu à cette crainte en précisant que : « Les opérations de dragage concernent exclusivement le chenal navigable et n’impliquent aucune intervention sur les berges, la ripisylve ou les annexes hydrauliques. Toutefois, lorsque des habitats d’espèces protégées seront identifiés, les modalités d’intervention seront adaptées afin d’éviter toute dégradation ».

Une restitution des sédiments interdite à proximité des captages d’eau

Les interventions de Voies Navigables de France doivent en tout draguer près de 4 000 m3 sur 10 ans, grâce à des pelles sur ponton. Ces opérations ne seront réalisées qu’entre août et février afin de prendre en compte les enjeux faunistiques identifiés. Concernant l’impact sur la santé humaine, l’Agence régionale de santé a émis un avis favorable, tout en rappelant l’impératif de préservation des captages d’eau. « Aucune opération de restitution des sédiments au cours ne sera réalisée à moins de 1 000m en amont de la limite des périmètres de protection rapprochés des captages d’eau destinée à la consommation humaine », requiert Michael Nguyen Huu, responsable de l’unité territoriale Santé Environnement de Saône-et-Loire.

Enfin, si les communes de Sornay et Branges ont émis des avis favorables sans commentaires, la fédération de pêche de Saône-et-Loire aurait souhaité que ces sédiments soient réutilisés dans une perspective écologique. « La possibilité de valoriser les matériaux issus du dragage pour renforcer ou créer des zones de hauts-fonds en berge n’est pas étudiée dans le dossier. Une telle approche permettrait pourtant de conforter des habitats aujourd’hui dégradés par le passage répété des bateaux ou d’en recréer localement », a proposé Georges Guyonnet. Voies Navigables de France a répondu à cette remarque en rappelant les compétences de ce dossier : « La faisabilité technique, environnementale et réglementaire de cette valorisation sera examinée au cas par cas, en concertation avec les acteurs locaux concernés ».