Jura. La maison Pasteur fait revivre la science

Après plusieurs années de travaux, la maison où Louis Pasteur aimait revenir rouvre ses portes sous un nouveau jour. Restaurée avec soin, rendue plus accessible et enrichie d’une exposition sur les microbes, elle relie désormais l’intimité du savant aux grandes questions scientifiques de notre époque.

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Scientifiques, académiciens, élus et mécènes étaient réunis pour découvrir la maison Pasteur restaurée.

Il suffit de franchir le seuil pour comprendre ce qui rend la maison Pasteur d’Arbois si particulière. Ici, la science s’incarne dans un laboratoire, une bibliothèque, des carnets annotés, un salon familial ou encore un jardin. Dans cette demeure où Louis Pasteur séjourna tout au long de sa vie, le visiteur découvre l’univers quotidien d’un homme dont les travaux ont profondément marqué la science.

Près de 130 ans après sa mort, la maison vient d’achever une importante campagne de restauration et de modernisation. Porté par l’Académie des sciences, propriétaire depuis 1991, le projet s’inscrit dans le prolongement du bicentenaire de la naissance de Pasteur, célébré en 2022. L’enjeu : préserver l’âme d’une demeure presque restée intacte depuis 1895 tout en l’adaptant aux visiteurs et aux connaissances du XXIe siècle.

Pascale Cossart lors d’une conférence scientifique en intérieur
Pascale Cossart, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, professeure émérite à l’Institut Pasteur
Intervenants lors d’une présentation à la maison Pasteur
Les intervenants, parmi lesquels de nombreux scientifiques dont Pascale Cossard, Tam Mignot, Maxime Schwartz, des académiciens dont Erik Orsenna et de nombreux élus et mécènes.

Une demeure restaurée sans effacer son histoire

Seule propriété de Louis Pasteur, cette ancienne tannerie acquise par son père fut le point d’ancrage d’une vie partagée entre laboratoires, voyages et vie familiale. Façades, enduits, boiseries, balcons, parquets et décors peints ont été restaurés avec précaution. Les papiers peints d’époque ont notamment fait l’objet d’un minutieux travail de conservation. L’objectif n’était pas de créer un décor neuf, mais de préserver les traces de l’histoire du lieu.

Le jardin a suivi la même logique. Cartes postales anciennes et documents familiaux ont permis de retrouver l’esprit de celui que connaissaient Louis et Marie Pasteur, tout en adaptant les plantations et la gestion de l’eau au climat actuel. La rose Louis Pasteur®, plantée en 2022, y apporte une touche symbolique.

L’acquisition en 2021 d’une partie de la maison Horbach, voisine, a également permis de repenser le parcours. Elle accueille désormais la billetterie et de nouvelles circulations. Un ascenseur rend accessibles les premier et deuxième étages à un public plus large. Des espaces jusqu’alors à l’écart du parcours peuvent ainsi être découverts, notamment la bibliothèque personnelle de Pasteur, ses comptes rendus d’expériences annotés et des documents inscrits au registre Mémoire du monde de l’Unesco.

Un parcours repensé pour accueillir davantage de visiteurs

La principale nouveauté prend place dans l’extension avec l’exposition permanente « Les microbes, c’est la vie ! ». Imaginée par Pascale Cossart, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, avec le concours de Tâm Mignot, directeur de recherche au CNRS, elle prolonge les découvertes de Pasteur vers les connaissances actuelles.

Bactéries, virus, champignons ou microalgues y sont présentés non seulement comme de potentiels agents de maladie, mais aussi comme des acteurs essentiels à la santé des êtres vivants, aux écosystèmes, aux fermentations alimentaires ou au recyclage de la matière.

Le parcours aborde également des enjeux contemporains : résistance aux antibiotiques, changement climatique, sécurité alimentaire et émergence de nouvelles maladies. À travers la notion de « One Health », il souligne les liens entre santé humaine, animale et environnementale.

La maison Pasteur ne se contente ainsi plus de conserver la mémoire du savant. Restaurée et enrichie, elle fait désormais dialoguer son héritage avec la recherche contemporaine, entre patrimoine historique et compréhension du vivant.