Dole. Pour Jean-Baptiste Gagnoux, « l’État de droit ne permet plus d’assurer la sécurité des biens et des personnes »

Manifestations lycéennes, dégradations, vidéoprotection et moyens de la police municipale : Jean-Baptiste Gagnoux, maire de Dole, et David Kessler, chef de la police municipale, dressent un état des lieux de la sécurité dans la cité de Pasteur, entre fermeté et contraintes budgétaires.

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Jean-Baptiste Gagnoux condamne fermement les dégradations commises lors des récentes manifestations, tout en refusant d'assimiler l'ensemble des lycéens aux auteurs de violences.

Des tirs de mortiers d’artifice contre l’hôtel de ville, deux abribus détruits, des départs de feu sur la chaussée et du mobilier urbain dégradé. À Dole, les récentes mobilisations lycéennes ont été émaillées de débordements que Jean-Baptiste Gagnoux n’entend pas banaliser. Si le maire défend le droit des jeunes à exprimer leurs revendications, il trace une ligne rouge face aux violences et aux blocages d’établissements scolaires. « Il n’y a pas de droit au blocage des établissements scolaires, c’est interdit », martèle-t-il, rappelant la liberté de ceux qui souhaitent poursuivre leurs cours.

Mais ce sont surtout les tirs de mortiers d’artifice qui cristallisent sa colère. Deux projectiles ont notamment atteint les vitres de son bureau. Une violence dont il refuse toute minimisation : « Quand c’est tiré de façon horizontale, c’est pas pour faire la fête, c’est pour toucher des personnes. » À ces incidents s’ajoute la destruction de deux abribus par des adolescents de 14 et 16 ans, identifiés grâce à la vidéoprotection. Leurs familles vont être sollicitées pour rembourser les dégâts.

Pour autant, l’édile se garde de tout amalgame. « Les jeunes qui ont défilé, ce ne sont pas des jeunes violents. » Il pointe la responsabilité d’une poignée d’individus, sans confondre leurs agissements avec les revendications de l’ensemble des manifestants.

Une coordination permanente face aux débordements

Ces événements illustrent les difficultés rencontrées par les forces de sécurité. Police nationale, police municipale, préfecture et renseignement territorial travaillent conjointement pour anticiper les rassemblements. Mais les dernières manifestations lycéennes n’avaient fait l’objet d’aucune déclaration préalable, compliquant leur encadrement.

David Kessler rappelle que la police municipale n’est pas compétente pour assurer le maintien de l’ordre, réservé aux forces étatiques. Ses agents sécurisent les déplacements des cortèges et régulent la circulation, tandis que la police nationale intervient au contact des manifestants. Le centre de supervision urbain (CSU) permet également de suivre leurs déplacements et d’adapter les dispositifs. Ses images ont notamment contribué à identifier plusieurs auteurs de dégradations.

Au-delà de Dole, Jean-Baptiste Gagnoux s’inquiète des violences observées dans plusieurs villes françaises. Il tient toutefois à préciser les raisons du rassemblement organisé devant l’hôtel de ville : « Je l’ai fait par solidarité des maires touchés, particulièrement à Limoges, et parce que c’était à l’appel de l’Association des maires de France. » Une distinction qu’il juge fondamentale : « L’appel aurait été fait par le gouvernement, l’État. Je ne l’aurais pas fait. »

Le maire soulève également une question qu’il juge insuffisamment abordée : celle de l’attachement aux valeurs républicaines. Revenant sur la présence de drapeaux étrangers au-dessus de l’entrée de l’hôtel de ville lors d’une manifestation lycéenne, il dénonce ce qu’il considère comme une « absence d’appropriation » des valeurs de la République et du sentiment d’appartenance à la nation française chez une partie des jeunes impliqués dans les violences. « Pourquoi, quand on est français, on vient agiter des drapeaux qui ne sont pas de son pays ? », interroge-t-il. Il précise toutefois que l’attachement à la France n’exclut ni la diversité des origines ni leur reconnaissance.

Au-delà de ce constat, Jean-Baptiste Gagnoux réclame une justice plus rapide et défend une réforme du cadre constitutionnel. « J’ai le sentiment que cet État de droit aujourd’hui, il ne permet plus d’assurer la sécurité des biens et des personnes. »