Parler d’illettrisme sans montrer du doigt ceux qui en souffrent. C’est toute la difficulté à laquelle se confronte l’association “Ballades en Solnan”. Pour la troisième année, du 28 septembre au 3 octobre, l’association participe aux Journées nationales d’action contre l’illettrisme. “Les personnes qui sont illettrées ne se manifestent pas très volontiers”, explique François Pérez, le coprésident.
Ainsi, l’association avance progressivement. La première édition avait permis de constituer un réseau avec des organismes spécialisés. L’année suivante, “Ballades en Solnan” était davantage allée vers le public. “Nous avons commencé à avoir un public”, poursuit François Pérez. Les premières actions ont aussi permis de rencontrer quelques personnes confrontées à ces difficultés.
Pour autant, pas question de les cibler directement. Les propositions restent ouvertes à tous afin de favoriser les rencontres. “Il ne s’agit pas de montrer du doigt”, insiste le coprésident. L’objectif est plutôt d’amener progressivement les personnes vers l’association, “dans un climat de confiance, de patience et de confiance”.
Créer une première passerelle
“Ballades en Solnan” n’a pas vocation à remplacer les professionnels de l’accompagnement. Lorsqu’une difficulté est repérée et qu’une personne se confie, elle peut être orientée vers des structures spécialisées. Mais cette étape suppose d’abord une démarche volontaire. “La meilleure manière de les aider, c’est que ces personnes soient volontaires à un moment donné”, résume François Pérez.
Pour faciliter ce contact, l’association mise sur le collectif. Les personnes concernées participent aux mêmes propositions que le reste du public, afin d’éviter toute stigmatisation. Ensuite, “petit à petit, avec cette confiance”, celles qui en ont besoin peuvent être dirigées vers des interlocuteurs adaptés.
Cette démarche dépasse aussi les frontières administratives. Depuis Dommartin-lès-Cuiseaux, l’association travaille entre Saône-et-Loire, Jura et Ain. “Nous nous adressons à notre bassin de vie, et non pas à notre territoire administratif”, explique son coprésident. Ainsi, plusieurs animations sont proposés dans les trois départements.
Un travail sur le long terme
Les résultats se construisent donc progressivement. “Les choses se feront petit à petit, elles se feront sur le long terme et avec patience”, prévient François Pérez. L’enjeu reste d’ouvrir une première porte vers des personnes parfois isolées face à leurs difficultés.
Enfin, “Ballades en Solnan” tient à maintenir ses propositions gratuites. L’association veut ainsi éviter que le coût ne constitue un frein supplémentaire. Derrière cette troisième mobilisation, la méthode reste donc la même : créer le contact, gagner la confiance puis, lorsque cela devient possible, passer le relais.























