Depuis Champagnole, le SICTOM Jura-Est veut faire bouger les habitudes dans ses déchèteries. Depuis le 3 août et pendant trois mois, le syndicat mène une campagne de sensibilisation auprès des usagers. Un agent intervient ponctuellement sur les différents sites pour conseiller particuliers, professionnels et collectivités au moment de jeter leurs déchets.
Car derrière une erreur de benne se cachent des volumes importants. Chaque année, près de 1 800 tonnes collectées dans les déchèteries du SICTOM Jura-Est prennent la direction du Centre de stockage du Jura, à Courlaoux, pour y être enfouies. Une opération qui représente environ 315 000 euros de traitement, soit 175 euros par tonne, TGAP comprise.
Surtout, une partie de ces déchets pourrait connaître une autre fin. Une caractérisation réalisée dans la benne d’enfouissement a montré que près de 370 tonnes par an pourraient rejoindre des filières de recyclage ou de valorisation déjà existantes. Autrement dit, plus d’un déchet enfoui sur cinq pourrait potentiellement être détourné de cette destination.
Un déchet sur cinq pourrait être mieux orienté
Le contenu de cette benne témoigne d’erreurs parfois très courantes. On y retrouve des textiles, des cartons, du plâtre ou encore des jouets et articles de sport. Ferraille, papier, emballages recyclables et bois y sont également jetés, tout comme des sacs fermés dont le contenu ne peut être identifié directement.
Pourtant, tous disposent désormais d’une solution de tri ou de valorisation adaptée. Le SICTOM Jura-Est a progressivement développé de nouvelles filières dans ses déchèteries. L’enjeu n’est donc plus seulement de proposer des solutions, mais aussi de permettre aux habitants de mieux les identifier.
C’est précisément là qu’intervient la campagne lancée cet été. Pendant trois mois, l’agent présent sur les sites peut répondre directement aux questions et orienter les usagers. L’objectif est simple : éviter qu’un déchet recyclable ou valorisable ne rejoigne par défaut la benne destinée à l’enfouissement.
Trois mois pour changer les réflexes
Plutôt que de pointer les mauvaises pratiques, le syndicat veut donc accompagner leur évolution. « Cette campagne se veut avant tout pédagogique », insiste le SICTOM Jura-Est. Les agents présents en déchèterie sont là pour conseiller les usagers et les accompagner dans leurs gestes de tri.
L’enjeu est aussi financier. Avec 315 000 euros consacrés chaque année au traitement des déchets enfouis, réduire ces volumes doit contribuer à mieux maîtriser le coût du service public. À cela s’ajoute un objectif environnemental : préserver les ressources en dirigeant davantage de matières vers les filières adaptées.
Ainsi, depuis Champagnole, le syndicat mise sur la pédagogie pour faire reculer durablement l’enfouissement sur son territoire. « Mieux trier aujourd’hui, c’est préserver les ressources naturelles, réduire les déchets enfouis et contribuer à maîtriser durablement le coût du service public des déchets », résume-t-il. Avec 370 tonnes potentiellement récupérables chaque année, la marge de progression est loin d’être anecdotique.

























