
“Le sombre avenir de la plus belle ligne de trains de France”, c’est le titre de ce nouveau documentaire paru sur la chaîne YouTube “Aiguillages”, du journaliste Thierry Pupier. Comptabilisant près de 100 000 vues, la vidéo met en lumière la ligne des Hirondelles, dont la fermeture, prévue le 15 décembre 2025, a été repoussée, grâce une aide d’urgence de 12,2 millions d’euros, débloquée par la Région à l’automne dernier.
« Quand on est un peu amateur de train, c’est une ligne qu’on connaît très bien », explique le présentateur. « La chaîne a obtenu une bourse du CNC Talents, ce qui m’a permis de travailler avec des moyens un peu plus conséquents qu’habituellement, en touchant un public un peu plus large que les seuls passionnés de trains ».

Entre anecdotes historiques et vie quotidienne d’aujourd’hui
Le documentaire prend la forme d’un voyage, au fil des communes traversées par la ligne. On y découvre des anecdotes historiques, comme la création des deux salines, à Arc-et-Senans grâce à la forêt de Chaux et à Salins-les-Bains grâce aux gisements de saumures, ou les chats dessinés sur les murs de Dole « car l’auteur des contes du chat perché (Marcel Aymé) est né ici ».
Il y a aussi le quotidien des gens d’aujourd’hui, avec les visites de la fromagerie Janin à Champagnole ou du restaurant “La gare de la Chaux” à la Chaux-des-Crotenay. « On ne voulait pas simplement faire une carte postale, comme celle de l’émission “Des Racines et des ailes” l’année dernière. On voulait montrer la ligne en hiver, telle qu’elle fonctionne et telle que les gens la pratique, sans l’idéaliser », indique le journaliste.

Alors l’équipe de tournage s’est affairée à parcourir le Jura, du 26 au 30 janvier, en tentant d’uniformiser les images, afin que l’impression retenue soit celle d’un voyage d’une journée. « Une séquence, à Jouef à Champagnole, a été tournée en mars. On l’a fait en intérieur, en filmant le moins possible les fenêtres, parce qu’il faisait 15-20 degrés, on n’était plus dans la même ambiance », se souvient Louis Colmagne, cadreur sur le projet. « Thierry s’est occupé de la partie dérush, et, au final, on enchaîne les interviews, les moments de calme, et c’est pour ça que ça paraît assez équilibré. Je me suis surtout occupé de la partie colorimétrie, son… », indique Louis Barrier, monteur vidéo en Bretagne.
Un nouveau projet sur la ligne des Horlogers ?
Pour ce projet, Thierry Pupier s’est entouré d’une équipe jurassienne experte des lieux, qui a pu enrichir le documentaire. En plus de Louis Colmagne, originaire de Cramans, qui a « apporté [ses] connaissances locales », Victor Achilli, camera man pour la société lédonienne MIZENBOITE PRODUCTION, a débloqué des situations. « Il y a une grande préparation, on n’y va pas les mains dans les poches. Grâce à un contact d’un agent de circulation de la ligne, on a pu filmer à l’intérieur de la cabine, ou prendre des images d’un train de mesure venu contrôler la voie à Saint-Laurent-en-Grandvaux », renseigne celui qui a aussi été opérateur de drones sur le projet.


Ce documentaire, inscrit dans l’actualité de la ligne (90 millions d’euros sont nécessaires pour réhabiliter les 73 kms de voie les plus sensibles), est une belle mise en avant des gens et du bassin qu’elle fait vivre. « Ça devait être un pilote pour une série à travers l’Europe (Italie, Allemagne, Portugal…), mais pour le moment, CNC Talents est suspendu. La ligne des Hirondelles est un peu l’ambassadrice de toutes les lignes secondaires en France. On a eu des très bons retours, et un appel du pied de la part de l’équipe de conduite, pour la ligne des Horlogers d’ici à la fin de l’année », conclut Thierry Pupier.























