
« Cette ligne-là, c’est vraiment une ligne de vie ». Pour Emeric Pauvret et Christophe Benarroudj, membres du collectif “Sauvons la Ligne des Hirondelles”, l’avenir de cette liaison ferroviaire ne peut se résumer à une simple question comptable. C’est pour porter ce message qu’ils organisent un débat public vendredi 12 juin, à 18 h 30, salle des Commards à Dole.
Créé à l’été 2025, alors que la menace d’une fermeture de la ligne commençait à émerger, le collectif rassemble principalement des cheminots. Leur constat est simple : l’infrastructure nécessite aujourd’hui d’importants travaux pour assurer sa pérennité. Selon SNCF Réseau, entre 50 et 90 millions d’euros devront être investis entre 2028 et 2032 afin de garantir encore vingt années d’exploitation.
« On ne mesure pas l’impact sur la vie des gens »
Pour les membres du collectif, les enjeux dépassent largement le seul transport. « On n’a pas l’impression que, depuis Dijon, ils mesurent réellement l’impact de cette ligne sur la vie des gens », estime Christophe Benarroudj.
Chaque jour, de nombreux scolaires et étudiants empruntent cette liaison, notamment vers Champagnole ou le lycée d’optique de Morez. « Le matin, on emmène les étudiants à Champagnole, les trains sont complets. Le soir, on revient les chercher pour les ramener à Morez et Saint-Claude », souligne-t-il.
Les récentes suppressions de certaines circulations alimentent d’ailleurs les inquiétudes. Le collectif cite notamment la suppression du train de 17 h 12 au départ de Saint-Claude les mercredis et vendredis, ainsi que celle de la circulation du lundi matin.
Les cheminots dénoncent également une offre devenue difficilement lisible pour les voyageurs. Entre les départs depuis Dole, Besançon, Andelot ou Champagnole, ainsi que les correspondances en car, « pour les usagers, c’est devenu très compliqué à comprendre ».
À cela s’ajoute l’enjeu touristique. Les défenseurs de la ligne avancent avoir recensé près de 2 000 touristes par semaine durant l’été dernier. Un atout économique important pour les territoires traversés, notamment dans le Haut-Jura. « Si on enlève le train, c’est tout un territoire qui risque de se retrouver davantage enclavé », alerte Christophe Benarroudj.
Région, État et SNCF appelés à s’expliquer
À travers ce débat public, les organisateurs espèrent surtout provoquer une discussion de fond entre les différents acteurs concernés. « Entre la Région, l’État et la SNCF, tout le monde se renvoie un peu la balle », déplore Emeric Pauvret.
D’un côté, la Région estime ne pas pouvoir financer seule les investissements nécessaires. De l’autre, l’État rappelle que la loi de 2018 a transféré la responsabilité du financement des lignes de desserte fine du territoire aux Régions. Pendant ce temps, le dossier reste bloqué.
« Le but de cette rencontre, c’est d’asseoir tout le monde autour de la même table et de dire : maintenant, qui prend le leadership pour maintenir cette ligne ouverte ? », poursuivent-ils.
Plusieurs élus ont annoncé leur participation, parmi lesquels le sénateur Clément Pernot, les députées Justine Gruet et Dominique Voynet ou encore le maire de Saint-Claude Frédéric Poncet
Pour le collectif, l’enjeu est clair, « préserver la Ligne des Hirondelles, ce n’est pas seulement sauver une voie ferrée. C’est préserver un service public, des emplois et l’avenir de tout un territoire. »


























