Jura. Un nouvel horizon pour l’aéroport Dole-Jura

En affirmant clairement leur souhait de se fédérer pour son développement, les élus départementaux et intercommunaux ont ouvert la voie à une nouvelle lueur d'espoir pour l'aéroport jurassien à vocation régionale, nationale. Voire au delà....

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Si l’on s’en tient aux faits, et seulement aux faits, depuis 16 ans, l’aéroport de Dole-Jura (encore communément appelé « aéroport de Tavaux ») a nécessité pas moins de 38 millions d’euros de financement de la part du Département. En 2023, 125 000 voyageurs ont été recensés.
Une charge que le Jura ne peut plus supporter à lui seul, en ces temps de restrictions budgétaires, d’effet ciseaux, et autres contraintes économiques de tous ordres.
Ainsi, après avoir retracé un bref historique du fonctionnement de l’infrastructure depuis sa prise en main en 2015, le président du Conseil départemental du Jura, Clément Pernot, se chargeait de l’introduction, en exposant la situation actuelle :
« Nous nous retrouvons depuis 2023 face à un refus de la Région sur le fonctionnement et sur l’investissement, clairement affirmé. C’est à partir de ce moment-là, que je me suis vu dans l’obligation, pour assumer cette merveilleuse charge qu’est l’aéroport, d’aller solliciter les départements voisins, pourvoyeurs de voyageurs ».
Une démarche plutôt légitime, lorsque l’on sait que seuls 10% d’entre eux sont jurassiens. Alors que 33% proviennent de Côte d’Or et 9 à 10 % de Saône-et-Loire.
Finalement, l’objectif du rapprochement entre Département et collectivités est simple : maintenir l’activité du site et œuvrer à son développement.

Une base de préposition aérienne pour mieux lutter contre les feux de forêt

Une nécessité approuvée par André Accary, président du Département de Saône-et-Loire.
« La région chalonnaise et la Bresse comptent bon nombre d’utilisateurs. »
Mais c’est plutôt avec sa perception de président de la commission « sapeurs-pompiers » au sein de l’association des Départements de France que celui-ci ajoutait : « Il ne faut pas oublier, comme l’été 2022 nous l’a montré, que nous aurons besoin d’une base de préposition aérienne pour mieux lutter contre les feux de forêt. Voilà encore une raison de plus pour soutenir l’équipement ».

Un aréopage d’élus en concordance pour une destination commune…

Même enthousiasme pour François Sauvadet, président du Département de Côte-d’Or, pour qui l’unique objectif est de soutenir l’aéroport de Dole-Jura sur des vols commerciaux, en complémentarité de l’aéroport d’affaires de Dijon.
« On va discuter avec les acteurs touristiques et économiques, on est une région à vocation internationale, faisant preuve d’un rayonnement international avec des événements à portée mondiale ! Quand on regarde le panorama des mobilités, il n’y a pas une région qui n’a pas au moins un aéroport à vocation internationale. Nous avons besoin de cet aéroport. Je regrette que la Région renonce à soutenir l’aéroport, contrairement à l’Occitanie, la Nouvelle Aquitaine, ou la Bretagne, sur des infrastructures de même échelle. On doit s’organiser pour aménager l’attractivité ».
François Rebsamen, lui emboîtait le pas :
« En 2001, lorsque j’ai été élu maire de Dijon, je suis allé voir les responsables de Dijon-Longvic pour leur annoncer que leur structure n’avait pas vocation à rester commerciale. J’ai fait campagne pour que l’aéroport de Tavaux devienne l’aéroport régional.
Pour désenclaver notre région. Car face à des populations en baisse, des territoires en difficultés. Il nous faut développer les mobilités. J’affirme ainsi le soutien de la métropole dijonnaise pour participer au financement et au développement de cet aéroport ».
Jean-Pascal Fichère, président du Grand Dole, glissait quant à lui le mot de la fin.
« Nous sommes les heureux élus. Ce serait une bêtise de casser un si bel outil, au cœur de la grande région, puisqu’il est là. Notre seule chance de pouvoir amener de la population, avec la baisse démographique dont nous souffrons, c’est le développement économique. Si l’on passe à côté de ces données, on passe à côté de l’essentiel ».
La démonstration était faite.

La Région conteste le choix du modèle économique, les écologistes aussi…

 

Départements et intercommunalités à l’unisson pour le développement de l’aéroport… contre la Région et les écologistes ?

Le vice-président du Conseil régional en charge des mobilités, Michel Neugnot, l’a déjà affirmé et réaffirmé publiquement à de nombreuses reprises.
« La Région ne valide pas le modèle économique » consistant à privilégier avec de l’argent public, les « sortants affinitaires » sur « d’éventuels touristes entrants ».
Des propos qui font littéralement bondir Clément Pernot.
Il en est de même à propos des compagnies low-cost telles que Ryanair que les écologistes fustigent aussi farouchement :
« Le président Pernot reconnait que depuis le transfert de l’infrastructure par l’État en 2008 à la collectivité départementale, celle-ci a déboursé plus de 38 millions d’euros, dont 18 millions au profit quasi exclusif de la seule compagnie low cost Ryanair dont on connait les pratiques sociales désastreuses et qui officiellement domiciliée en Irlande ne verse aucun impôt en France. Cette association ne semble cependant gêner personne et devoir être maintenue, et même renforcée… », commente pour sa part Pascal Blain, président de l’Association de protection de la nature et de l’environnement, Serre Vivante.

 

Bon nombres d’élus de tous horizons étaient présents.