Saône-et-Loire. Michel Keriou, une vie de dons jusqu’à la moelle

Donneur de sang depuis ses 18 ans, Michel Keriou a aussi donné sa moelle osseuse. Un geste rare qu’il raconte avec une étonnante simplicité.

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Michel Keriou est engagé depuis des années auprès des donneurs de sang.

Chez Michel Keriou, le don accompagne une grande partie de sa vie. Aujourd’hui retraité, il a commencé par tendre le bras dès sa majorité, avant de donner également son plasma et ses plaquettes. Son engagement se poursuit au sein d’une association de donneurs de sang bénévoles, qui organise des collectes dans les villages alentour. À côté, il profite de sa retraite, fait du sport ou pratique le tir à la carabine. « Je m’occupe bien », glisse-t-il.

Puis, une discussion autour du don de moelle osseuse éveille sa curiosité. Contrairement au don de sang, la compatibilité entre un donneur et un malade est particulièrement rare. Cette singularité suffit à le convaincre. « Ils m’ont dit : pour un don de moelle osseuse, vous êtes unique pour une personne. » Michel décide alors de rejoindre le registre des donneurs volontaires.

Une question le retient néanmoins avant son inscription : pourra-t-il encore donner à un proche s’il est sollicité pour un inconnu ? Une fois rassuré sur ce point, sa décision est prise. « Je me suis dit : bon, il faut que je m’inscrive, et puis on verra ce que ça va donner. » Quelques années plus tard, cette éventualité devient réalité.

Devenir compatible avec un inconnu

Michel est finalement appelé : son profil correspond à celui d’un malade. Derrière cette compatibilité se joue alors une possibilité de traitement supplémentaire pour le receveur. Pourtant, lorsqu’il raconte aujourd’hui cette expérience, le Viréen ne cherche pas à dramatiser son geste. « Pour moi, ça s’est super bien fait », retient-il simplement.

Pour rejoindre le registre national des donneurs volontaires, l’inscription est possible jusqu’à 35 ans inclus. Une fois inscrit, le volontaire peut ensuite être contacté ultérieurement lorsqu’une compatibilité est détectée. Cette limite d’âge rend la sensibilisation des jeunes adultes particulièrement importante.

Michel, lui, mesure la portée de cette rencontre anonyme entre deux personnes biologiquement compatibles. « Si vous faites un don de moelle osseuse, vous êtes pratiquement sûr de sauver une vie étrangère ou de la famille », raconte-t-il avec ses mots. C’est précisément cette possibilité d’agir pour une personne qu’il ne connaît pas qui avait donné du sens à son inscription.

Un engagement sans grands discours

Des années plus tard, Michel ne fait pourtant pas de son don un acte héroïque. Il le replace dans la continuité d’un engagement commencé à 18 ans et poursuivi au fil des collectes. Désormais, son expérience peut surtout servir à faire connaître un geste encore entouré d’appréhensions. « encore trop de personnes confondent le don de moelle osseuse et celle de moelle épinière. Ce sont deux choses complètement différentes. »

Car derrière le registre et la recherche de compatibilité, Michel retient avant tout l’humain. Donner son sang permet d’aider de nombreux patients. Avec la moelle osseuse, il avait découvert une autre réalité : quelque part, une personne pouvait avoir spécifiquement besoin de lui. « Vous êtes unique pour une personne », une phrase qui l’aura finalement conduit jusqu’au don.