Rénover, le nerf de la guerre

Pour diminuer le coût de sa facture énergétique ou pour lutter contre la crise du logement, il est temps de se poser les bonnes questions. Le Jura regorge de professionnels prêts à vous conseiller.

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Les ventes de maisons neuves ont dégringolé, en témoigne dans notre département la disparition successive des sociétés spécialisées dans ce domaine. Le secteur subit de plein fouet les hausses des prix. Celle des matériaux d’abord, mais aussi celles de l’énergie et plus généralement du prix des terrains. Il faut ajouter les nouvelles normes imposées qui font exploser les coûts de production.

 

« L’immobilier va plutôt bien »

 

Les Jurassiens, comme ailleurs en France, se retranchent donc sur des achats de biens qu’ils rénovent. Et le marché de l’immobilier dans le département va plutôt bien. « Des ventes se font. Nous sommes équivalents à l’an dernier, témoignent Andréanne Perrin Gauthier et Stéphanie Lorton de l’agence lédonienne Stéphane Plaza. Les banques recommencent à prêter. Le marché s’est détendu. »

Les deux dirigeantes remarquent aussi que « les gens font des concessions sur leurs projets. S’ils ne trouvent pas ce qu’ils veulent au prix qu’ils souhaitent à 5 minutes de Lons, ils achètent à 15 minutes pour moins cher ». Un vent de positivité semble donc souffler sur le département.

Autre chance, le Jura attire des acheteurs qui viennent de toute la France, pas seulement pour le prix du marché mais aussi pour la qualité de vie. Beaucoup préparent leur retraite dans notre territoire. Sans parler des jeunes couples qui veulent offrir un autre environnement à leurs enfants.

Alors pour faire au mieux, il faut souvent rénover. Le Jura est riche de tout un panel d’artisans très professionnels et qui savent se rendre disponibles pour écouter et conseiller leurs clients. L’idéal, quand on veut améliorer son bien, est d’avoir une vision globale des travaux à réaliser.

 

L’isolation d’abord

 

Le propriétaire pourra étudier quels scénarios privilégier et quels travaux prioriser. L’ensemble des experts que nous avons interrogés met souvent d’abord en avant l’isolation, en prenant bien garde de ne pas se faire avoir par certains démarcheurs malintentionnés.

Pour lutter contre l’explosion des coûts de l’énergie, pourquoi ne pas se tourner vers le photovoltaïque ? De plus en plus d’entreprises se spécialisent en énergies renouvelables. Elles préparent toujours, avant de vous faire signer le bon de commande, des études qui vous préciseront quelle baisse de vos dépenses vous pouvez envisager.

Alors que l’hiver approche, il est conseillé aussi, si vous en avez besoin, de commander d’ores et déjà les portes et fenêtres que vous pourriez avoir besoin de changer. Si les artisans sont à l’écoute de leurs clients, leurs carnets de commande sont bien fournis et il ne faut pas s’attendre à une pose avant quelques mois.

Depuis la Covid, beaucoup de Jurassiens se sont lancés eux-mêmes dans leurs travaux. Stéphane Bouillier, négociant en matériaux, parle d’une hausse du marché de l’ordre de + 15 à + 30 %.

Tuiles, laines de verre, tout ce qui est transformé par l’énergie, cuit, est le plus touché. Si les marchés du métal et du bois se sont enflammés l’année dernière, on revient aujourd’hui à des niveaux de prix d’il y a trois ans. Le ciment a énormément augmenté et les tarifs ne redescendent pas. Pour le spécialiste, tout ce qui est transformé, comme le biosourcé, ne bougera pas.

S’il y a des raisons d’être positifs dans le département, il ne faut pas sombrer dans l’euphorie non plus. Le Jura comme ailleurs a son lot d’habitants qui ne peuvent pas se loger ou sont mal logés. L’abbé Pierre a eu beau marteler que « gouverner, c’est d’abord loger son peuple », les politiques nationaux, pourtant très sollicité par des professionnels comme la Fédération française du bâtiment, ne sont pas très actifs.

Alors, si l’on a un peu d’argent de côté, peut-être est-il bon d’investir… « La valeur pierre est une valeur refuge. Il y a des gens qui ont de l’argent qui doivent investir pour loger ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à la propriété », nous disait justement Stéphane Bouillier.