Région. Biothérapies : une filière stratégique en pleine structuration en Bourgogne-Franche-Comté

Dix-huit mois après le lancement de sa feuille de route dédiée aux biothérapies et à la bioproduction, la Région Bourgogne-Franche-Comté revendique une dynamique en plein essor. Élus et acteurs du secteur ont mis en avant les avancées réalisées et les ambitions d’un écosystème tourné vers la médecine de demain.

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Filière biothérapies Bourgogne-Franche-Comté
Pour Jérôme Durain, les biothérapies représentent « une nouvelle étape de la médecine » et un enjeu majeur de souveraineté sanitaire.

La Bourgogne-Franche-Comté veut s’affirmer comme l’un des territoires moteurs des biothérapies en France. Réunis mercredi 10 juin à Dijon à l’occasion des troisièmes Assises régionales de la filière, les responsables régionaux ont dressé le bilan des dix-huit premiers mois de la feuille de route adoptée fin 2024.

Pour Jérôme Durain, président de la Région, cette stratégie dépasse largement le cadre d’une politique économique classique. “Ce n’est pas une politique de plus, c’est vraiment un mouvement régional”, a-t-il insisté. Une dynamique qui s’appuie sur un secteur en plein développement, celui des médicaments issus du vivant, destinés à traiter certaines formes de cancers, des maladies neurologiques ou encore des pathologies rares.

“Il y a une nouvelle étape de la médecine qui est en train de se créer, il y a une nouvelle ère thérapeutique qui s’annonce”, a poursuivi l’élu. Selon lui, la région dispose de solides atouts pour se positionner sur ce marché stratégique : deux pôles universitaires et hospitaliers complémentaires, un tissu de recherche reconnu et plusieurs entreprises déjà implantées dans la filière.

Une filière désormais fédérée sous la bannière Biovaliance

Parmi les réalisations mises en avant figure la création de Biovaliance, marque régionale lancée en 2025 pour fédérer l’ensemble des acteurs du secteur. Chercheurs, établissements de santé, entreprises, structures de transfert de technologie et organismes de formation y sont désormais réunis autour d’une stratégie commune.

“Nous sommes au rendez-vous des engagements que nous avions pris lorsque nous avons voté cette feuille de route”, a assuré Nicolas Soret, vice-président en charge du développement économique. L’objectif était notamment de rendre l’écosystème régional plus visible à l’échelle nationale et internationale.

“L’un des grands acquis de ces dix-huit mois de travail, c’est la création d’une marque qui nous permet d’être identifiables”, a-t-il souligné. La Région a ainsi multiplié les participations à des salons spécialisés, engagé des démarches auprès des institutions européennes à Bruxelles et développé des partenariats à l’international, notamment avec le Québec et le Wisconsin.

Parallèlement, plusieurs dispositifs financiers ont été mobilisés afin d’accompagner les entreprises innovantes, les start-up et les projets de recherche liés aux biothérapies.

Recherche, innovation et souveraineté sanitaire

De son côté, Laëtitia Martinez a insisté sur le rôle central de la recherche publique dans cette dynamique. “Il y a vraiment une richesse, un potentiel absolument dingue”, a-t-elle déclaré en évoquant les laboratoires régionaux et leurs travaux dans les domaines des thérapies cellulaires ou des nouveaux vaccins thérapeutiques.

La vice-présidente a également souligné l’importance de l’interdisciplinarité, avec des projets associant parfois médecine, acoustique ou sciences des matériaux. Pour elle, la force de la Bourgogne-Franche-Comté réside dans sa capacité à faire travailler ensemble chercheurs, établissements de santé, incubateurs et entreprises innovantes.

Au-delà des enjeux scientifiques et économiques, les élus ont rappelé la dimension stratégique de cette filière. “Ceux qui ne produisent pas sont dans les mains de ceux qui produisent”, a résumé Jérôme Durain en évoquant les enseignements de la crise du Covid-19.

Si le financement privé demeure un défi majeur pour accompagner les innovations jusqu’à leur commercialisation, la Région entend poursuivre ses efforts. Dix-huit mois après le lancement de sa feuille de route, elle estime avoir posé les fondations d’une filière capable de contribuer à la souveraineté sanitaire française tout en renforçant l’attractivité économique du territoire.