
Déployer la fibre était une première étape. Faire en sorte que chacun l’utilise en est désormais une autre. Mardi 22 septembre, à la communauté de communes de la Plaine Jurassienne, Prisme Fibre est venu répondre aux nombreuses questions des élus. Raccordements impossibles, logements encore reliés au cuivre, responsabilités en cas de panne ou encore accompagnement des habitants : derrière la technique, la transition commence à se jouer au plus près des communes.
Car le compte à rebours est engagé pour l’ancien réseau cuivre. Celui qui avait d’abord été construit pour la téléphonie fixe a progressivement supporté de nouveaux usages, jusqu’à Internet. Désormais, la fibre doit prendre le relais. Une évolution qui ne concerne donc pas uniquement les foyers souhaitant disposer d’une connexion Internet plus performante. « Attention, il y a la fibre optique, mais il y a la téléphonie fixe aussi », rappelle Maud Ravel, directrice de Prisme Fibre. Même une personne utilisant seulement son téléphone fixe devra donc migrer.
Repérer les foyers non raccordés
L’enjeu, pour les élus, est justement de repérer les habitants susceptibles de rester à l’écart de cette transition. Attendre la dernière échéance pourrait devenir problématique lorsqu’un raccordement nécessite des travaux ou rencontre une difficulté. « Pour éviter qu’on ait des administrés qui se retrouvent sans rien du jour au lendemain, il vaut mieux qu’ils passent à la fibre, qu’ils migrent de technologie en amont », insiste Maud Ravel.
Sur le papier, la couverture est désormais largement structurée. Prisme correspond au réseau fibre du Département du Jura. Altitude Infra a obtenu en 2021 la délégation de service public portant sur la deuxième phase du déploiement, soit près de 85 700 prises. Cette partie représente 174 millions d’euros d’investissement financés par l’entreprise. À l’échelle jurassienne, l’architecture comprend 31 nœuds de raccordement optique, 206 sous-répartiteurs et plus de 20 000 points de branchement.
Le raccordement lui-même répond aussi à plusieurs règles. Le technicien doit normalement suivre le chemin emprunté par le cuivre et ne pas retirer celui-ci avant de s’être assuré du bon fonctionnement de la fibre. En cas de raccordement souterrain impossible en raison d’une gaine privée obstruée, des travaux peuvent revenir au propriétaire, même lorsque cette gaine passe sous le domaine public. Un point qui, selon Prisme Fibre, provoque régulièrement des incompréhensions.
Aller chercher les derniers non-raccordés
La prochaine étape se veut donc beaucoup plus ciblée. Chargé du lien avec les élus, Cédric Marcand accompagne les communes pour identifier les adresses où aucun abonnement fibre n’apparaît encore actif. Un diagnostic doit d’abord permettre de faire le tri : derrière une prise inutilisée peut se cacher une habitation occupée, mais aussi une ruine, un hangar ou un logement vacant.
À Bretennières, un exemple a été évoqué durant la rencontre : sur 25 prises déployées, 12 apparaissaient raccordées. Tout l’enjeu consiste donc à comprendre la situation des 13 autres avant d’envisager une action. « S’il n’y a pas tellement de sujets en soi » parmi ces adresses, aucune démarche particulière n’est nécessaire, expliquait Cédric Marcand. En revanche, si elles correspondent à des habitations occupées, notamment par des personnes conservant encore leur ligne cuivre, un accompagnement peut être engagé.
Dans les communes où les besoins sont importants, Prisme Fibre peut organiser des permanences en présence d’opérateurs. Ailleurs, le travail se fera davantage avec les maires et les agents communaux, qui connaissent les habitants et peuvent faciliter le contact. Cédric Marcand propose même d’aller à leur rencontre : « Il n’y a rien à vendre, c’est juste une information. » Même si toutefois, « peu de personnes assistent encore à ces permanences », conclut-t-il.


























