L’invité de la semaine : Bilel Latrèche

Rencontre avec le jeune "boxeur-éducateur", actuellement en début de préparation du titre international professionnel des mi-lourds, qu'il disputera cet automne à Vesoul. L'occasion également d'aborder avec lui sa perception des récents débordements qui stigmatisent et entachent regrettablement l'image de la communauté franco-algérienne. "Il faut être très dur avec une minorité d'individus, englués dans une délinquance profonde qui bafouent autant nos codes républicains que nos codes civiques".

366

 

“Je mène chaque projet ou solutionne chaque problématique comme un véritable combat”.

 

Bilel Latrèche, voici que la période de vacances se profile, mais en ce qui vous concerne, vous avez un titre international professionnel des mi-lourds en perspective… Ceinture prestigieuse que vous disputerez cet automne, à Vesoul. Comment appréhendez-vous cette échéance ?
Comme toujours, avec beaucoup d’excitation. Je suis à la croisée des chemins…
J’ai une formidable opportunité qui s’offre à moi. Je ne peux pas laisser passer cette chance de pouvoir être enfin dans un top mondial !
Je veux encore me prouver que je peux gravir une marche de plus dans ma carrière.
(Bilel a été numéro 1 français, champion de France professionnel en 2013 et 2014 ainsi que champion Européen de l’IBF en 2016).
Je vais reprendre ma préparation sportive de manière intensive à partir de début août et cela jusqu’à la date du championnat, qui se fera entre fin octobre et début novembre.
Pour cela, j’ai déjà composé l’équipe sportive qui va m’accompagner à 100% dans ce challenge. Entraineur : Alain Pahon, superviseur technico-tactique : Serge Pantel, cutman : Francis Elsayed.

 

Parallèlement à cela, vous rempilez aussi pour une deuxième saison comme coach mental au sein de l’effectif professionnel de l’USON NEVERS Rugby (PRO D2). Comment parvenez-vous à gérer simultanément ces deux activités ?
Quand je suis à Nevers, j’ai la chance de pouvoir continuer ma préparation sportive tous les soirs, ce qui me permet de lier mes deux activités simultanément. La journée je me concentre uniquement sur mon rôle de coach mental au sein de l’équipe professionnelle et le centre de formation, et le soir je peux repasser sur ma préparation pugilistique.

On vous sait aussi toujours proche de l’éducation, et actif sur le plan de diverses interventions opérées dans les collèges. Quels thèmes y traitez vous ?
Au sein des collèges et lycées, les thèmes qui reviennent souvent sont liés au respect et la tolérance, à la construction d’une victoire sportive (transmission du sport à l’éducation), la prévention de la délinquance.
Il est vrai que souvent les établissements utilisent ma renommée, pour donner plus de crédit à la posture professionnelle et à la conclusion recherchées, surtout envers des jeunes de 12 à 18 ans en quête de repères.

Depuis plusieurs années, la municipalité doloise fait aussi appel à vos services….
Je suis très heureux de cela, car ces actions s’opèrent au service de l’intérêt général et ma mission d’acteur sur le terrain consiste à améliorer une action politique qui se veut progressiste.
C’est pourquoi je mène chaque projet ou solutionne chaque problématique comme un véritable combat.
J’ai enfin, et je dois l’admettre, la chance d’être en liaison sur notre bassin dolois avec plusieurs acteurs de qualité, avec lesquels j’œuvre au quotidien, ce qui facilite grandement nos réponses aux diverses demandes de la population.

Mariages qui tournent en rodéos urbains, scènes de liesse qui dégénèrent après un match de foot, provocations haineuses, gratuites et inutiles… Quel sentiment vous habite, lorsque la communauté Franco-Algérienne à laquelle vous appartenez, se retrouve otage des actes malveillants d’une petite minorité de ses membres, comme cela s’est passé lors des deux dernières rencontres de l’équipe nationale d’Algérie ? Que faire selon vous, pour que ces images des Champs-Élysées pillés, du mobilier urbain lyonnais saccagé, et du vandalisme observé dans de nombreuses villes de France disparaissent de nos écrans de télévision ?
Je suis un sportif qui prend souvent position sur des sujets parfois sensibles, car j’estime qu’on se doit de véhiculer autour de nous un certain code moral pour éviter les amalgames sur certains préjugés qui nous entourent.
Selon moi, il faut d’un côté continuer à faire de l’éducation et de la prévention à ces phénomènes dangereux, et de l’autre côté, être très dur au sein de notre système judiciaire.
C’est à dire éduquer, informer et prévenir que la joie peut être une célébration, mais sans que cela ne mette en danger nos concitoyens. Et surtout, cela doit se faire dans un climat de paix. Sans provocation, sans repli communautariste…
Lorsque les événements dérapent, je suis favorable au retour à la peine plancher mais encore plus ferme. Il ne faut pas doubler mais tripler la condamnation pour les délinquants récidivistes de plus de 18 ans !
Oui à une justice sociale pour des faits isolés dans le parcours d’un citoyen afin de l’accompagner à se remettre dans une voie plus saine et positive.
Mais, à condition de servir autant l’intérêt social, de notre jeunesse et de notre sécurité : nous avons des droits mais aussi des devoirs !
C’est pourquoi
il faut être très dur avec une minorité d’individus, englués dans une délinquance profonde qui bafouent autant nos codes républicains que nos codes civiques.

 

“Je suis un sportif qui prend souvent position sur des sujets parfois sensibles, car j’estime qu’on se doit de véhiculer autour de nous un certain code moral pour éviter les amalgames sur certains préjugés qui nous entourent”.