Les scolytes attaquent les forêts jurassiennes

La mobilisation générale des acteurs forestiers est indispensable pour lutter contre ce fléau.

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Seize pièges à scolytes de ce type ont été posés dans les forêts.

FRANSYLVA Franche-Comté (2.300 adhérents pour une surface de près de 64.000 ha) est le syndicat qui aide à la défense des intérêts de forestiers privés des départements du 25, 39 et 70.
Dans le Jura, ce syndicat est co-initiateur d’une opération inédite de lutte contre les scolytes, à Prémanon et Longchaumois. L’expérimentation, qui a fait ses preuves en Suisse voisine, est de détecter les attaques de façon précoce. Des sessions d’information ont été organisées les 19 et 22 mai à Longchaumois (39) et Septfontaine (25). En deux mots, les scolytes constituent une large famille d’insectes, dont beaucoup sont spécifiques d’une essence en particulier.
Pour l’épicéa, on parle du typographe et du chalcographe, pour le pin sylvestre du sténographe, pour le sapin du curvidenté…
Pour le département, le syndicat aux côtés de la préfecture du Jura et de Nolwenn Marchand maire de Prémanon et président de la Com Com des Rousses, est à l’initiative du lancement d’une opération expérimentale de lutte active contre les attaques de scolytes en forêt privée et publique. L’installation en avril de 16 pièges sur les territoires communaux de Prémanon et d’une partie de Longchaumois a permis de suivre l’activité des insectes en temps réel et d’alerter par mail et courrier les propriétaires et gestionnaires dès les premiers signes d’attaque.

Une méthode efficace…

L’idée de l’expérimentation est d’attaquer le problème le plus en amont possible. Les premiers envols massifs de scolytes typographes ont eu lieu vers le 5-6 mai, toutes altitudes confondues. C’est donc le moment opportun de procéder à une détection précoce et de mettre en œuvre une lutte active. Cette détection anticipée permet aux gestionnaires et propriétaires privés et publics de récolter le bois scolyté lorsqu’il est encore vert, avec la perspective de réduire de moitié les volumes de bois dévalorisés, de limiter les pertes financières et de préserver l’avenir de l’épicéa dans le Haut-Jura.
Pour maximiser les chances de réussite de l’expérimentation, il est important de s’impliquer et de se mobiliser collectivement tous ensemble, les propriétaires et gestionnaires forestiers, les entrepreneurs de travaux forestiers (ETF) et les scieurs du territoire.
La rapidité d’exécution et la solidarité de tout le monde forestier sont la planche de salut.