Les mots s’envolent et les cris restent

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Gérard Bouvier.

On s’écharpe à l’Assemblée : bruits de couloirs, grosses colères et invectives de face profil et trois-quarts. L’hémicycle résonne et déraisonne. Les électeurs ne regrettent pas leurs votes et les abstentionnistes non plus. La démocratie se radicalise, c’est la démocratie en marche. Attention la marche ! Certains ont trébuché…

Qui dans cette cacophonie sera le premier à donner le la ?
La linotte, qu’on reconnait à sa tête, comme le roitelet qui s’y croit déjà, gazouillent. L’hirondelle ne fait pas le printemps : elle gazouille aussi. L’aigle et le cygne trompettent de leur renommée. L’alouette comme aussi le Ministre des Finances tirelire. La bécassine croule quand quelques députées en font tout autant.
Le hibou et la chouette hululent. De rares députés crapulent. Chacune et chacun essayent de trouver une place bien en vue dans le charivari des ors de la République.

Il y a là aussi les médias, observateurs privilégiés, où le perroquet jase, le geai cajole ce qui n’est pas très bon signe et la pie jacasse. Méfiance c’est une voleuse.
La poule glousse et caquette et l’oie est dure mais c’est l’oie. Le canard déchainé cancane à tout rompre.
La perdrix qui
cacabe, glousse ou rappelle, attend sans empressement l’ouverture de la chasse et regarde de travers les chiens d’arrêt, les pointers et setters. Et aussi les braques à poils durs. Et il y en a des braques !

La buse abuse : elle est le plus souvent triple. Elle piaule. Le pinson fringote, ramage ou siffle quand le moineau chuchote.

Mais revenons à nos moutons… Nos députés vitupèrent, déblatèrent, pestent et tempêtent. Ils blâment, fulminent et protestent. Ils (motions de) censurent, fustigent et condamnent. Ils réprimandent, stigmatisent et réprouvent.

Mais aucun d’eux ne fait des œufs.