La broderie, une véritable passion pour Françoise Frankowsky

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Françoise Frankowsky.


« Cette broderie est de loin celle qui me passionne le plus. » commence Françoise. La technique de la broderie Hardanger est amusante à apprendre et donne des résultats étonnants. Ce n’est pas une chose facile mais reste ludique. Les points et motifs peuvent être très complexes et il reste à relever le défi à chaque ouvrage projeté.

Housse coussin en broderie Hardanger.

Cette broderie consiste à effectuer des points comptés et des fils tirés. Les fils perlés sont en lin ou coton DMC N°5, pour les passés plats et motifs au point satin ; le N°8 sert pour les reprises broderie, les points de garniture ou de remplissage délicats ou sur les détails extérieurs. Ils sont effectués sur une toile lin, coton ou métis (mélange lin et coton) à tissage régulier ou irrégulier.

Napperon en broderie Hardanger.

Les jours effectués dans l’ouvrage lui apporte sa singularité et son cachet. Pour les réaliser, il faut couper les fils de la toile avec des ciseaux fins spécifiques et les retirer délicatement à la pince à épiler pour former une grille. C’est à ce moment-là que la concentration est nécessaire car il n’y a pas le droit à l’erreur : un fil coupé au mauvais endroit et toute la pièce est gâchée !
Il faut que le nombre de fils soit identique sur la trame et la chaîne pour obtenir des jours de forme carrée.
La broderie traditionnelle de Hardanger est toujours travaillée avec une couleur de fil assortie au tissu et la plupart du temps blanc ou écru. Employer le fil uni augmente la nature sculpturale des points et augmente l’effet des détails trouvés dans certains des points complexes. Mais beaucoup de créations contemporaines se servent de fils colorés, pour un grand effet.

Napperon ou chemin de table en broderie Hardanger.

Pour passer les fils, on utilise des aiguilles à tapisserie à bout arrondi adaptées à la finesse du tissu.
Le style traditionnel de cette broderie Hardanger est très géométrique et est basé sur plusieurs formes de base telles que le carré, le rectangle, le triangle, le losange, le diamant, le zigzague et les croisés. Les figures géométriques sont formées de barrettes de 5 points, brodés sur 4 fils de tissu, s’appelant passés plats, ce qui est le point de départ de toute la broderie Hardanger. Les fils de la toile sont maintenus par des blocs de passé plat avant d’être découpés pour former un canevas fin. Les zones de toile non coupées sont décorées de points de broderie simples ou élaborés. Un cercle ou carré de broderie est utilisé pour tendre la toile et faciliter le travail.

La broderie Suisse

Françoise s’adonne aussi de temps à autres à la broderie suisse qui donne un peu un effet dentelle. Elle est réalisée sur une toile Vichy.
Cette broderie est née en Suisse d’où son nom et plus précisément en Suisse orientale dans la région de Saint-Gall. Elle est apparue au XVème siècle, suite à l’interdiction pour les servantes et les paysannes d’embellir leur linge de maison et leurs vêtements de dentelle. Elles contournent alors ces lois en inventant une technique dérivée de la dentelle à l’aiguille avec des points d’ancrage et de remplissage afin de créer des reliefs et des entrelacs à partir de fils lancés et entrecroisés. Elles y ont ajouté des points de suture spéciaux et des points de boucle associés parfois à des points de tapisserie, ce qui apporte l’effet dentelle escompté.

Broderie Suisse.

Le prix du lin ayant augmenté au fil des siècles, les brodeuses utilisèrent un tissu plus fin et moins cher, le grivat. Au début du XXème siècle, cette toile à carreaux fut achetée à Vichy. Aussi, le personnel qui accompagnait les riches Anglaises et Américaines en cures thermales les imitèrent et la technique s’exporta dans le monde entier.

L’histoire de Françoise

Françoise avait une maman qui aimait coudre et par imitation celle-ci créa sa première réalisation « du col Claudine » vers l’âge de 9 ans, tout cousu main ; elle se rappelle encore aujourd’hui de la fierté qu’elle a ressenti « le col était vraiment arrondi tel qu’il se doit. » Elle n’est jamais devenue couturière professionnelle mais a toujours fait de la couture pour elle ou ses proches. Elle a bien acquis quelques savoir-faire à l’école et en regardant sa mère faire, mais le reste fut cultivé en feuilletant des magazines comme Mode et Travaux et en se lançant de façon autodidacte dans des œuvres plus ou moins complexes. Elle a aussi fait du patchwork avant de faire le choix de la broderie Hardanger et Suisse il y a dix ans.

Un portrait géant de Louis Pasteur

En 2014, elle fit partie des 270 brodeuses qui réalisèrent les 384 carrés à broder permettant de créer le portrait de Louis Pasteur. Chacune d’elles recevait 4 carrés juxtaposés à broder en rouge et écru et ensuite ils étaient assemblés pour former le portrait qui fait 2,30 m de largeur sur 3,40 m de hauteur.
Françoise prend vraiment plaisir à broder :
« Ça me vide la tête. De plus j’aime parcourir mes magazines de broderie, rechercher ce qui me plaît et lancer le projet de réalisation. » Elle réalise toutes sortes d’ouvrages comme des rideaux, des nappes, des housses d’oreiller ou de coussins, des napperons,
des chemins de table…
Elle aime aussi se retrouver, une fois par semaine, avec une ou deux connaissances pour échanger leurs savoirs et créer ensemble.