Edito

Un printemps français

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L’hiver touchait à sa fin.
Un étrange phénomène viral venait de faire monter la fièvre d’un peuple excessivement mondialisé. Jusqu’à 49.3 en plein samedi après-midi !
Un dramatique constat s’imposait : le mal avait muté…
Il s’immisçait désormais jusque dans la horde culturo-mondaine (largement subventionnée par le contribuable) qui n’abritait plus que les restes d’une terne bourgeoisie.
Une caste de plus en plus affaiblie, repliée sur elle-même, davantage investie par la domination marchande, les préoccupations communautaires et les injonctions victimaires que par la réelle démarche artistique qui l’avait faite émerger auprès du grand public.
Voilà que s’annonçait l’agonie d’un système, qui voyait s’effondrer progressivement mais indubitablement, l’ensemble des institutions dont le modèle économique datant d’après-guerre les condamnait déjà depuis plusieurs dizaines d’années : le cinéma, la radio, la télévision, la presse, la musique…
On sentait bien qu’il fallait maintenant laisser place à d’autres idées. Passer à autre chose. Certains s’y refusaient, s’accrochaient encore à leur virtuelle influence, aussi nuisible que dérisoire. Mais les signaux d’alarme se faisaient de plus en plus insistants. La société devenait de plus en plus fragmentée, déchirée, tiraillée. Elle n’était plus qu’une vaste nébuleuse d’existences dissolues, désespérées, haineuses et/ou névrosées…
Tous ces signes ne trompaient pas. Quelque chose de grave et d’inédit était en train de se passer. Dangereux présage de dislocation, de déflagration, d’implosion.
Tout était devenu subitement trop complexe, trop sophistiqué, trop immédiat. Trop libertaire surtout. L’essentiel manquait : l’implication, l’exigence, l’assignation des rôles et l’accomplissement qu’il offre…
Il n’y avait plus de références saines et durables, plus d’exemples de réussite sur lesquels s’appuyer pour trouver son chemin vers la vie que l’on souhaite.
La famille, la nation, le courage… Les structures et les idéaux s’évaporaient sans que personne ne s’en soucie, ou presque.
Cette déliquescence rongeait les esprits, lissant toute aspérité, toute velléité contestataire.
Gagner convenablement sa vie ou faire l’amour semblait moins important. L’ambition du plaisir et de la réussite devenait coupable.
L’amertume, l’aigreur, la jalousie régnaient. La transcendance avait du plomb dans l’aile.
Nos existences de plus en plus problématiques le démontraient : il nous fallait changer d’époque. Instaurer une nouvelle ère.
Comme un signe des éléments, le printemps 2020 commençait à refleurir.
On commençait à s’intéresser au goût des choses trop oubliées : belles, simples et naturelles…
Notre environnement livrait son message. Le progressisme était en pleine décomposition.
Cette folie décadente arrivait au bout de son impasse, conséquence de l’inefficacité des différentes doctrines utopiques (car “non-naturelles”) qu’elle prônait.
La prédication était claire : pour survivre, il nous fallait revenir à nos plus primitifs fondamentaux, le seul système qui fonctionnait depuis la nuit des temps pour assurer comme il se doit, la perpétuation de l’espèce et l’évolution des civilisations.
Au moins de cela, on en était certain. La première marche était sous nos yeux, devant nos pieds. Il allait maintenant falloir sauter le vide. Affronter la vérité, avec courage, force et honneur. L’heure était venue.
Comme il y a 500 ans, la Renaissance allait s’opérer. En mieux…