Dole. La ville consolide son offre de chirurgie publique

Avec l'inauguration mardi 23 janvier du nouveau plateau de chirurgie ambulatoire, le centre hospitalier Louis-Pasteur espère consolider la chirurgie publique dans le bassin dolois. Un projet insuffisant pour certains, une avancée très positive pour d'autres... Visite des lieux.

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Gilles Chaffange a coupé le ruban

Mardi dernier, l’inauguration du nouveau plateau de chirurgie ambulatoire de l’hôpital Louis-Pasteur a été effectuée en présence du préfet du Jura, Serge Castel, du maire de Dole, Jean-Baptiste Gagnoux et de Thierry Gamond-Rius, directeur du CHU de Besançon.
Une fois le ruban tricolore coupé par Gilles Chaffange, c’est en blouse et surchaussures que les officiels et le personnel de l’hôpital étaient invités à découvrir les installations et réaliser en quelque sorte le parcours d’un patient : au rez-de-chaussée, ce dernier est invité à se rendre dans une cabine individuelle pour déposer ses affaires dans un casier à digicode. La prise en charge se poursuit à l’étage où 4 blocs opératoires seront opérationnels le 18 mars, 3 salles de 40m2 et une plus petite de 30m2 dédiée à l’endoscopie.

Une forte intégration numérique dans les blocs

Derrière une porte coulissante plombée de 250kg, à l’intérieur des salles d’opération « tous les équipements sont à la pointe » assure Phillipe Bruneau, responsable technique et chargé de conduire la visite. Chacune est équipée de PC et écrans muraux tactiles pour permettre une consultation des dossiers du patient, ses analyses biologiques ou sur certaines interventions communiquées en direct avec une autre équipe médicale depuis le CHU de Besançon, via un système audio et caméras. L’opération terminée, le patient est conduit dans la salle de réveil et ses 8 places extensibles à 12 en fonction de l’activité.

Chaque bloc est équipé du réseau wifi, caméras et audio

Avec une dernière intervention à 15h30 et une sortie du dernier patient aux alentours de 18 heures, le service doit pouvoir fermer ses portes à 19h. « Pour cela, une bonne gestion des flux est nécessaire. 16 patients pourront être pris en charge simultanément. »

10 spécialités pratiquées et (peut-être) d’autres à l’avenir…

10 spécialités seront pratiquées sur le site : Gynécologie, Gastroentérologie, Ophtalmologie, Chirurgie vicérale, Urologie, ORL, Orthopédie, Chirurgie maxillo-faciale, Chirurgie plastique et Odontologie.
Le coût global du projet s’élève à 13.5 millions de travaux et 1.7 millions en équipement biomédicaux. 7 millions d’euros ont été versés par l’Agence Régionale de Santé (ARS).

Ici l’équipe Bisontine deviendra… l’équipe Doloise

Thierry Gamond-Rius, directeur du CHU de Besançon
Gilles Chaffange, directeur du centre hospitalier Louis-Pasteur

La réalisation d’un plateau de chirurgie ambulatoire est rendue possible par un accord de coopération entre le centre hospitalier Louis-Pasteur et le CHU de Besançon signé en décembre 2018, ainsi une quarantaine de spécialistes Bisontins seront détachés et amenés à venir soigner à Dole. Pleinement mobilisée « l’équipe Bisontine deviendra ici l’équipe Doloise, car c’est avant tout celle de l’hôpital public » et de jeter poliment un pavé dans la marre des cliniques privées, « il faut faire corps face à la concurrence du privé. »
Au chapitre des défis à relever et des manques à combler, Gilles Chaffange a précisé que 11 postes d’infirmières faisaient toujours défaut à son hôpital, la rénovation et la mise aux normes énergétiques du bâtiment principal conçu à la fin des années 60 s’annoncent comme un chantier important.

« Insuffisant » juge le comité de défense des hôpitaux

Le comité de défense des hôpitaux publics de Dole a exprimé ses inquiétudes dans un communiqué : « Cela ne répondra pas à tous les besoins de chirurgie pour la population du bassin Dolois, puisqu’il n’y aura que de la chirurgie ambulatoire. 30% environ des patients ne peuvent être opérés en ambulatoire, âgés ou en situation d’urgence, ils ne seront pas pris en charge à Dole » et d’ajouter « le comité de défense des hôpitaux publics de Dole continue à demander la réouverture de la chirurgie conventionnelle à Dole. »