BAC Nord

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Si de nombreuses Brigades Anti-Criminalité (BAC) ont disparu au cours des dernières années, faute de moyens matériels, financiers et humains, on voit réapparaître depuis peu de nouvelles Brigades Anti-Casseroles, faisant la chasse aux “dispositifs sonores portatifs”. Qui l’eût cru ?
Tout a commencé lundi dernier, lors de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, accueillie dans les principales villes du pays par des concerts de casseroles de Français déterminés à montrer qu’ils ne souhaitaient pas l’écouter, estimant ne pas avoir été entendus sur la réforme des retraites. Rien d’étonnant à cette réciprocité.
Depuis, la ministre du Tourisme à La Baule (Loire-Atlantique), le ministre de la Transition écologique à Coulaines (Sarthe), le ministre délégué aux comptes publics à Pau (Pyrénées-Atlantiques) ou encore la Première ministre à Châteauroux (Indre) en ont aussi fait les frais.
Quant au ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye, celui-ci est resté, lundi soir, bloqué un moment dans son train, sous la surveillance d’un groupe de policiers, avant d’être exfiltré de la gare de Lyon par un tunnel en milieu de quai, lui permettant d’éviter la sortie principale et son comité d’accueil… Inquiétante persistance du déni de réalité !
Dernier exemple en date toujours plus cocasse, ce mardi 25 avril, à Vendôme dans le Loir-et-Cher, où Emmanuel Macron a été accueilli par une « casserolade » particulièrement nourrie. Le président visitait la maison de santé pluridisciplinaire universitaire de la ville, dans un quartier bouclé par un important dispositif de sécurité afin de tenir à distance le cortège composé de plusieurs centaines de mécontents, équipés de casseroles et autres boîtes de conserve ou de trompettes, « pour réveiller notre président, pour qu’il arrête de se foutre de nous » expliquait l’un d’eux.
« Les casseroles, c’est tout simplement un symbole. On n’a pas de quoi faire bouillir la marmite, alors on a des casseroles pour dire à Macron que l’on a besoin d’un pouvoir d’achat supérieur parce qu’aujourd’hui, avec l’inflation, on crève la dalle ! On fait du bruit car ce gouvernement ne nous voit pas et ne nous entend pas » résumait un autre individu contestataire, mais pacifiste.
Seulement voilà, cette irrévérencieuse, bruyante et dérangeante façon d’exprimer son mécontentement, devenue désormais habituelle à chaque déplacement ministériel, irrite jusqu’au plus haut point les élites technocratiques de notre pays. Lesquelles, vivant très mal le retour de bâton du silence méprisant qu’elles infligent invariablement à qui ne s’incline pas devant la toute-puissance de leur vérité, sont parvenues à rebaptiser les ustensiles de cuisine en “dispositifs sonores portatifs”… et à les faire interdire en s’appuyant sur des lois anti-terroristes via des arrêtés préfectoraux aussi contestables qu’arbitraires !
Cette autorité absolue, George Orwell en rêvait, Macron l’a fait…
D’ailleurs, le Président de la République n’a pas hésité à déclarer que les casseroles, brandies par les militants anti-réforme des retraites, ne faisaient pas “avancer la France”. Aussitôt l’entreprise Cristel, fabricant d’ustensiles de cuisine franc-comtois, rétorquait via son compte Twitter qu’elle fabrique, elle, “des casseroles qui font avancer la France”. Amusant.
De toute façon, tout au long de notre existence, les conséquences de nos comportements et l’empreinte de ce qu’ils ont laissé, font que l’on trimballe tous nos casseroles…