Augmentations de salaire : peut mieux faire !

3% environ en 2022 et un peu plus en 2023 : si ces hausses paraissent inédites, elles sont bien loin de compenser l'inflation.

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Comme dans les années 60-70, l’inflation galopante nourrit des revendications salariales dans de nombreuses branches, mais au 21e siècle les syndicats ont bien perdu de leur superbe ! En l’absence de véritable contre-pouvoir, la question d’une augmentation se débat davantage au cas par cas. On note un peu plus d’augmentations collectives en entreprises (+ 1,1% en 2022), mais les négociations individuelles demeurent prégnantes (+1,4% en 2022). Selon le cabinet Mercer, même les ouvriers et les employés bénéficieraient de ces hausses individualisées : cadres supérieurs, dirigeants, managers + 2,5%/ employés, cadres + 2,8%/ ouvriers +2,55%. Une surprise, car en général celles-ci sont plutôt l’apanage des dirigeants et des cadres…

De manière générale, le cabinet de conseil en ressources humaines LHH a revu à la hausse ces estimations concernant les hausses de salaires en 2022 :  3%, contre 2,5% auparavant. D’autres acteurs des ressources humaines vont un peu plus loin, jusqu’à 3,1 %, mais pour les salariés concernés, le compte n’y sera pas. Avec une inflation qui se rapproche des 7% en France, il leur faudra travailler autant pour perdre presque 4% de salaire. Certes en 2021, l’augmentation moyenne avait plafonné à 1% environ…mais l’inflation n’avait alors presque pas grimpé selon l’INSEE (+1,6%).

Des primes plutôt que des hausses

Le climat social pourrait donc le dégrader au fil des mois, car l’inflation semble bien partie pour durer. 2023 s’annonce d’ores et déjà comme une année où la folle hausse des prix commencera juste à ralentir, tandis que les projections de salaires par la société de courtage WTW tendent vers + 3,3% pour 2023, avec des gagnants  (finance +3,7%, fintech +3,6%, nouvelles technologies et médias + 3,5%), et des perdants (agroalimentaire + 2,5%, loisirs et hôtellerie  +2,7%, banque +2,8%).

Deux années « sans » niveau rémunération, voilà qui risque bien d’amplifier la fuite des talents, car de l’avis général il est plus aisé de négocier un nouveau salaire bien plus élevé dans une autre entreprise, que de négocier « en interne ». Pour leur part, les entreprises mettront sans doute en avant un effet « ciseau », avec le renchérissement des coûts énergétiques qui grève leurs marges de manœuvre.

Comme d’habitude, tous les moyens seront donc bon pour donner des avantages aux collaborateurs sans toucher à leur salaire : prime « Macron », primes collectives exceptionnelles, 13e mois, crèche d’entreprise, sans oublier quelques jours de télétravail par exemple, etc.

Les NAO (négociations annuelles obligatoires) concernant les entités de plus de 50 salariés et au moins un représentant syndical sont néanmoins orientées à la hausse, les entreprises devant bien se résoudre à budgéter des augmentations pour garder leurs forces vives…

La rédaction

Le Québec, meilleur payeur au monde

Pour ceux qui rêvent d’entendre le chant des baleines à Tadoussac, le moment semble propice pour traverser l’Atlantique. Leur rêve de 8% d’augmentation en 2022 deviendra aussi réalité, dans un Québec où l’inflation atteint 7,1%. Comme quoi il est possible de ne pas perdre de pouvoir d’achat cette année, mais le Québec fait presque figure d’exception au niveau mondial, tant il compte de postes vacants…