Alors, si tout le monde s’en fiche…

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Gérard Bouvier.

J’avais donné mon avis timidement mais on me répondit vertement : « on s’en fiche
de tes commentaires ! ». Je n’affichais pas mon désarroi et il me suffit de ficher le
camp sur le champ.
Curieux verbe que ce verbe ficher, arrivé de nulle part. Ou plutôt du latin figere :
enfoncer, transpercer, attacher, fixer. On a beaucoup fiché chez nous. Ce verbe était
utilisé par les vignerons, dès 1413, quand ils utilisaient un pic de fer, la fiche, pour
enfoncer et fixer par la pointe les plants de vigne.
Mais ce verbe était fichtrement instable et capricieux. Il a généré une descendance
variée et parfois avariée.
Ficher le camp au sens de planter son camp en rase campagne, est malicieusement
devenu, en 1752, partir sans combattre ou sans payer. Dans la France du sud s’est
développé sur le même idée de départ brutal et loin de ses terres le verbe décamper.
L’idée de planter à conduit à la ficheuse, une dépravée aux mœurs dissolues qui
survivait du commerce de ses charmes au Moyen-âge. Nous en est resté « va te
faire fiche ! » dont j’aimerais que vous compreniez le sens sans que j’ai besoin d’une
fiche explicative ou pire, carrément d’une affiche.
Quand je me fiche dedans c’est que j’ai été induit en erreur au point que je suis fichu.
Sauf si je n’en ai rien à fiche. Ou mieux encore si je m’en contrefiche.
Fichu a pris le sens de détestable en 1661. On exerce un fichu métier entrecoupé de
vacances fichues conséquences de ce fichu temps. On comprend mieux qu’on se
sente si souvent mal fichu au point de ne plus rien vouloir fiche.