Alors que le ministère de l’Éducation nationale planche sur une évolution du statut des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), les attentes restent fortes sur le terrain. À Lons-le-Saunier comme ailleurs dans le département, les personnels espèrent des avancées concrètes sur leurs conditions de travail et leur reconnaissance professionnelle.
Pour Juliette Cros, secrétaire départementale du SE-Unsa Jura, l’urgence concerne d’abord la rémunération. Aujourd’hui, de nombreux AESH perçoivent entre 800 et 900 euros par mois. « Elles gagnent vraiment des petits salaires », souligne-t-elle. Le syndicat réclame donc une revalorisation salariale, sans avancer de montant précis, mais avec la volonté de rendre le métier plus attractif.
La formation constitue également un point de vigilance. Le SE-Unsa demande un renforcement de la formation initiale et continue afin de mieux préparer les accompagnants à leurs missions. Plus largement, Juliette Cros estime qu’une meilleure définition du métier est nécessaire pour permettre une véritable reconnaissance professionnelle.
Un quotidien marqué par l’instabilité
Sur le terrain, les AESH accompagnent des élèves en situation de handicap dans leur scolarité. Elles interviennent aussi bien pour les gestes de la vie quotidienne que pour faciliter les apprentissages. Pourtant, « les AESH sont souvent invisibilisées », regrette la responsable syndicale.
À cette faible reconnaissance s’ajoute une organisation parfois complexe. « Elles sont souvent sur plusieurs établissements. Elles se promènent. Et ça, c’est épuisant », décrit Juliette Cros.
Les changements d’affectation sont également fréquents, notamment en début d’année scolaire. « On leur remet un élève, on leur en enlève un. Puis finalement on en remet un autre », résume-t-elle. Une situation qui complique leur quotidien et celui des équipes éducatives, contraintes d’adapter régulièrement les emplois du temps.
Un métier qui peine à attirer
Le ministère travaille actuellement sur la création d’un statut de fonctionnaire à temps complet pour une partie des AESH. Mais cette proposition ne convainc pas les représentants du personnel. D’après les premières pistes évoquées, seuls 20 % des accompagnants pourraient être concernés. « Ce n’est pas du tout conforme aux attentes des AESH », estime la secrétaire départementale du SE-Unsa.
Pour autant, les syndicats entendent poursuivre le dialogue engagé avec l’État. Car derrière ces revendications se joue aussi la qualité de l’accompagnement des élèves. « Elles sont essentielles à l’équipe éducative des établissements scolaires », rappelle Juliette Cros. Avant de conclure : « Il est urgent de travailler sur leur statut et leur reconnaissance. » Aujourd’hui, juge-t-elle, cette reconnaissance n’est toujours « pas à hauteur de ce qu’elles font ».























