
“On n’en avait pas du tout avant et, là, cela fait quatre départs de feu en très peu de temps. Trop, c’est trop ! Je veux vraiment donner l’alerte, surtout pour les agents en danger”, s’agace Benjamin Monconduit.
Le directeur du pôle Déchets d’Haut-Bugey Agglomération indique que son équipe a retrouvé, deux fois dans les ordures ménagères, et deux fois dans le bac jaune, des piles et batteries en train de s’enflammer récemment. “Ce sont des équipements à absolument emmener en déchetterie. Une fois, c’était une guirlande électrique et une autre fois un smartphone. La batterie, si elle est choquée – et avec les bennes tasseuses, cela arrive tout le temps – elle se casse et libère le lithium. Quand elle est à l’air, elle prend feu immédiatement“, explique le directeur.

Deux départs de feux ont été signalés dans la même journée du 4 mars par les agents d’Haut-Bugey Agglomération.
“Il ne faut pas oublier qu’il y a deux humains à l’arrière”
La situation est particulièrement alarmante, alors qu’un camion-benne a pris feu fin janvier, au niveau du Sictom du Haut-Jura, sur le parking du collège du Plateau à Lavans-lès-Saint-Claude.
“On a eu beaucoup de chance grâce au froid et à l’attention de nos agents. Mais, avec l’été qui arrive, quand les déchets seront secs, cela pourra partir beaucoup plus vite. Il ne faut pas oublier qu’il y a deux humains à l’arrière des camions”, signale Benjamin Monconduit.
Ce dernier rappelle que la déchetterie de Veyziat est ouverte tous les jours, même le dimanche, de 9 heures à 18 heures. “Sinon, la deuxième solution, ce sont les bacs de collecte dans les magasins. Il y a aussi la reprise un pour un : si vous achetez un nouvel appareil électronique, le vendeur est dans l’obligation de vous rependre l’ancien.”
Entre 35 et 40 % de refus de tri sur l’agglomération
Benjamin Monconduit regrette que la simplification des gestes de tri, entamée en 2022, ait abouti à ce genre de comportements. “L’objectif, c’était de dire : tous les emballages et les papiers dans le même bac. Mais la conséquence a été que beaucoup de gens ont commencé à mettre n’importe quoi. L’usager n’est que le début de la chaîne : on lui demande de faire un pré-tri très simple mais, ensuite, le déchet est retrié plus de dix fois pour être recyclé.”
Son constat est que, globalement, le bassin du Haut-Bugey est un des plus mauvais élèves du tri à l’échelle nationale. “On est entre 35 et 40 % de refus de tri sur HBA, alors que la moyenne nationale du Sivalor – plus grand syndicat de tri – est autour de 23 %.”
En cause, des erreurs de bac – beaucoup de jouets, textiles, morceaux de meubles – mais aussi la présence de sacs poubelles dans les bacs jaune. “Plus d’un tiers des déchets en poubelle jaune ne sont pas censés y être. La machine a besoin qu’ils soient en vrac : on traite entre 18 à 20 tonnes à l’heure en centre de tri, si elle voit un sac, elle refuse.”
Benjamin Monconduit appelle donc les Haut-Bugistes à adopter les bons réflexes, afin de valoriser au mieux les déchets, mais surtout afin d’éviter des drames tels que l’incendie du centre de tri de Chêne-en-Semine, en bordure du département en octobre 2023.
























