VAR

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C’est en me remémorant la réponse de Clément Turpin (voir notre rubrique de l’invité de la semaine à la page suivante) à propos de l’épineux sujet de la VAR (arbitrage assisté par vidéo, en anglais Vidéo Assistant Referee) qu’un questionnement m’est apparu alors que je quittais le stade Gaston-Gérard de Dijon, samedi dernier, à l’issue d’un pathétique 0-0.
Si le dispositif de vérification par vidéo a permis de considérablement réduire les erreurs humaines, donc « de ramener de l’équité et de la justice sportive dans les matchs » selon notre arbitre international, qu’en est-il de l’évolution du nombre de buts dans les ligues majeures européennes ?
Ce système rétablit-il plus de buts qui auraient été annulés auparavant ? Sur hors-jeu notamment, en laissant se dérouler l’action jusqu’au bout.
Ou incite-t-il à siffler davantage de pénaltys ? Principalement à cause de la nouvelle règle de faute de main dans la surface de réparation qui fait tant jaser au bord des pelouses…
Étant amateur de football, du beau jeu offensif, maitrisé, affirmé, mais aussi et surtout parieur-trader sportif depuis plusieurs années, l’interrogation est légitime.
Or, pour y répondre, un seul éclairage s’offre à nous : les statistiques !
Et pour cause, les chiffres ne mentent jamais…
L’arithmétique des lois de probabilités est une science exacte, pour ne pas dire juste et parfaite. Elle détermine d’ailleurs le système de cote, simple règle de trois sur laquelle s’appuient les bookmakers pour estimer (et rectifier pendant le match) les différentes valeurs du marché. Avec le succès que l’on sait…
Prenons l’exemple de la Premier League anglaise, où la VAR a été introduite depuis la saison 2019/2020, la moyenne historique de buts par match se situait entre 2,6 et 2,8 depuis 10 ans. Elle est aujourd’hui à 2,7 ! Il semblerait donc qu’il n’y ait aucune influence sur le scoring chez nos voisins d’outre-Manche.
Même chose pour la Ligue 1 française qui a adopté la VAR en 2018/2019. Avant cette date, la moyenne oscillait de 2,5 à 2,7 buts par match. Elle est aujourd’hui à 2,68. Ce qui la situe dans la fourchette haute mais ne modifie pas sensiblement le résultat des rencontres.
Pour l’Allemagne, qui a introduit la VAR en 2017/2018 et où la moyenne était de 2,8 à 3,2 sur les années précédentes, celle-ci est passée de 2,92 à 3,06.
En Italie, même année d’apparition pour une moyenne comprise entre 2,6 et 2,9. Restée depuis 5 ans entre 2,72 et 2,86.
Seule l’Espagne, qui avait pour habitude de compter entre 2,7 et 2,9 buts par match, affiche désormais 2,63. Très peu, trop peu pour être significatif sur le long terme.
Voulant pousser le raisonnement jusqu’au bout, je suis allé jusqu’à additionner tous les championnats majeurs en respectant le prorata du temps passé avec ou sans la VAR.
Résultat : 2,74 buts par match durant les 10 ans avant l’apparition de l’arbitrage vidéo. Et 2,78 depuis…
Il semblerait donc qu’il n’y ait aucun impact sur le jeu, ni sur le résultat, les buts en plus compensant les buts en moins.
Seule différence notable, la réduction de 75% des erreurs humaines dans le foot professionnel.
En cette époque où notre société a malheureusement perdu le sens de la modération, avec pour conséquence de fâcheuses réactions extrêmes et autres comportements inappropriés, c’est déjà ça…